Documents

​La désobéissance civile en Kabylie, un impact possible? 

admin
Written by admin

Il est tout à fait probable que la réappropriation de notre souveraineté puisse trouver une issue par la désobéissance civile. La désobéissance civile résulte de la coopération délibérée des membres d’un groupe qui tire précisément sa force de leur capacité à œuvrer en commun.  
C’est le penseur et philosophe américain du 19e siècle David H qui a influencé la pensée qui a engendré la désobéissance civile et les grands mouvements de libération et de révolution sociale. Tous les révolutionnaires du monde ont à un moment ou à un autre récupéré à leur compte sa fameuse citation « Tous les hommes reconnaissent le droit à la révolution, c’est-à-dire le droit de refuser fidélité et allégeance au gouvernement et le droit de lui résister quand sa tyrannie ou son incapacité sont notoires et intolérables ».

On ne peut pas parler de désobéissance civile en Kabylie sans mentionner, les évènements du Printemps berbère, du Printemps Noir et  « la grève du cartable ». Bien que les aboutissements ne sont pas à la hauteur des investissements et des attentes du peuple kabyle. Ils constituent un jalon et une expérience à se réapproprier pour  l’avancement de la cause Kabylie.  

La désobéissance civile peut se manifester à travers  l’adoption de  comportements liés aux habitudes et aux interactions de la vie quotidienne. A commencer par l’emploi systématique et ouvert de la langue kabyle dans tout l’espace public kabyle même face à des locuteurs de langue différente et quel que soit le statut de l’interlocuteur. Le boycott affirmé de toutes manifestations qui mettraient en avant une culture qui aurait pour but final de dominer la culture kabyle. Par ailleurs, si nous considérons la question religieuse, les non jeûneurs peuvent s’organiser et mettre en exergue leur différence cultuelle, cette action aurait pour conséquence la reconnaissance d’une identité laïque tant désirée par la Kabylie.

Par ailleurs, il devient presque inutile de reporter les exactions exercées sur les militants souverainistes. Il ne faut certes, pas que celles-ci tombent dans la banalité, mais il convient de ne plus se contenter de dénoncer. La dénonciation non suivi d’action de riposte ne participe qu’à jouer le jeu de l’Etat Algérien qui veut impressionner par ses actions de force. Ces exactions, nous les connaissons déjà et le peuple kabyle en porte les stigmates dans sa chair. 

L’objectif premier du pouvoir central est l’éradication de la nation kabyle en lui inculquant une autre langue: l’arabe. On comprendra que tous les moyens sont bons aujourd’hui pour la Kabylie et les Kabyles pour parvenir à leurs fins. La désobéissance peut apporter des solutions.

L’heure est venue de conceptualiser une résistance organisée. Reste à définir de quelle manière… La Kabylie porte un potentiel de forces et d’énergies qui ne demandent qu’à être libérées. Par la désobéissance civile ? La question est posée.