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Cause kabyle dites-vous … !

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Proposé par admin

Depuis un certain temps la Kabylie connait toutes sortes de manipulations orchestrées par le pouvoir central d’Alger visant son assimilation puis sa soumission avant de l’éradiquer en tant telle. En effet l’apport des Kabyles à ce qui est, communément, appelé “révolution algérienne” n’est pas négligeable ; autant dire que ce sont les Kabyles eux-mêmes qui ont renforcé ce sentiment national algérien jusqu’à se dissoudre complètement dans cette nation mythique créée de toute pièce par la France coloniale. Sans oublier le rôle joué par le leader égyptien Jamel Abdennacer et ses acolytes algériens motivés par la pensée anti-amazigh en général et anti-kabyle en particulier.

La crise anti-berbère, qualifiée à tort par les arabistes de “crise berbériste” a dévoilé les véritables intentions des nationalistes algériens, notamment ceux qui étaient liés à l’Egypte. Toute référence à l’amazighité a été violemment rejetée, l’arabité et l’islamité devaient être les seuls références identitaires et idéologiques de l’Algérie et de la lutte de “libération nationale”. Un plan de liquidation de tous les militants kabyles ayant pris des positions en faveur de la berbérité a été mis en place.

Le départ du colonialisme français a été le début d’un autre cauchemar pour la Kabylie qui venait de payer un lourd tribut dans sa lutte contre la colonisation française. En effet, depuis 1963, en passant par le printemps 1980 ; la Kabylie n’a jamais connu de répit dans sa dualité avec l’Etat algérien aussi bien dans sa vision de la vie, sa philosophie et ses convictions. Elle s’est distinguée également par son combat pour ses droits élémentaires et par les aspirations démocratiques de sa population. Cependant et jusqu’à présent jamais la Kabylie ne s’est battu pour sa propre indépendance. Elle s’est contentée de revendiquer ses droits à l’Algérie tout en continuant à défendre et à se battre pour cette dernière, quitte à se bercer de rêves et d’illusions.

Le constat est bien amer. Il est donc plus qu’urgent aujourd’hui de s’atteler à apporter des solutions à la hauteur de ce que ce pays meurtri, la Kabylie, mérite, loin de cet esprit culturaliste qui nous fait perdre beaucoup de temps dans la mesure où ceci nous a complètement aveuglé quant à la nature de l’ennemi dont la politique a pour fondement l’éradication de l’Amazighité et à sa tête la Kabylité. La politique d’arabisation entamée à l’époque du dictateur Boumediene et qui est toujours en vigueur, accompagnée d’une islamisation bien organisée en est la preuve.

Repenser la question kabyle n’est nullement la remise en cause des efforts des anciens qui ont lutté et fait appel aux moyens de l’époque. Seulement, voilà qu’aujourd’hui la question devra être traitée en tant question politique pour s’attaquer aux racines du mal qui la guette depuis des siècles déjà.

Une telle démarche nous permettra de ramener le débat à son cadre naturel et faire en sorte que notre combat n’emprunte une impasse. Cela nous permettra également de tracer la voie pour les générations à venir et leur laisser des fondations solides. Et pour cela, s’impose la réponse l’absolue nécessité de répondre des questions existentielles comme : “qui suis-je?”, “doit-on se satisfaire d’une existence virtuelle jamais officielle ?” ou encore “doit-on se refuser le droit de disposer de nous-même ?”

En partant de ce principe, on arrive facilement à cerner le problème de fond pour qu’ensuite commencer ce travail de grande halène pour convaincre les Kabyles de cette absolue nécessité de disposer d’un Etat pour gérer leur affaires et penser enfin à défendre leurs intérêts. Certains diront que ceci reste de l’ordre de l’utopie et que ce projet est complètement une folie de certains parias. Mais n’a-t-on pas le droit de rêver et de s’offrir ses petites folies ? De plus, apporter sa contribution à un tel projet qui nous assurera une existence avec notre propre identité est noble et stimulant en même temps.

Il est donc temps aujourd’hui de faire face aux attaques violentes qui nous viennent de l’extérieur mais aussi des attaques internes, parfois plus destructrices. A titre d’exemple, cette tendance à vouloir désespérer les gens de bonne volonté, une attitude qui s’explique par ce conditionnement qui vise la société civile et qui la pousse à accepter cette situation abominable où l’être humain est humilié. Ce mépris incessant exercé sur les Kabyles aura comme conséquence dans un stade avancé qu’on appelle “la haine de soi assumée” par certains Kabyles qui ont accepté l’assimilation et, bien au-delà, développer même ce sentiment de haine de son semblable surtout lorsque ce dernier lui rappelle ses propres souffrances et ce processus d’effacement de soi pour épouser en partie d’autres identités malgré leur apport néfaste pour la sienne .

La faillite des leaders kabyles d’il y’a un demi-siècle et leur entêtement jusqu’à sacrifier les leurs juste par complexe d’égo et de leadership a impacté les culturalistes qui, eux-mêmes y, n’avaient pas mesuré l’ampleur de cette erreur de lutter pour n’importe quelle cause sauf la leur et/ou considérer que défendre une cause qui était juste à leurs yeux ne pourrait jamais leur réserver le pire. C’est pour cette raison que cette option culturaliste représentait un luxe à cette époque vu qu’on n’a pas défini le vrai problème qui était plus qu’existentiel d’au moins les moyens auxquels ils ont opté pour défendre cette cause étaient sans conteste exclusivement d’ordre culturel.

Néanmoins la cause kabyle devrait être portée par tout cœur kabyle qui bat pour la liberté de ce peuple. La convergence des forces libératrices du peuple kabyle vont tracer le chemin tant attendu afin d’en finir une bonne fois pour toutes de cette passivité et docilité des soit disant meneurs qui ont tout fait pour détourner ce fleuve de son cheminement vers la Liberté.

En attendant, la brèche est ouverte pour commencer le grand travail théorique dans tous les domaines qui sera accompagné en parallèle d’un travail de terrain sans concession jusqu’à l’avènement d’un état kabyle souverain avec des institutions solides.

Ameksa