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« L’erreur, c’est de penser que la liberté est une idée. » 

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Avant qu’un combat pour la liberté soit un cheminement de lutte pacifique, c’est d’abord un chemin de conscience, de conviction et d’une certaine responsabilité.

Cette lutte n’est ni l’idée, ni la responsabilité,  ni l’incarnation d’une personne ou de quelques individus. C’est un processus qui a besoin de temps et d’une adhésion, non pas furtive ou superficielle, mais une adhésion substantielle, en constante évolution. 
À mon sens, ce sont les critères les plus objectifs pour atteindre une issue favorable et espérée. 

Un individu voire même plusieurs peuvent insuffler une idée, ouvrir une marche, montrer un cap, faire évoluer le combat, le rendre plus légitime avec une adhésion grandissante.

Le contraire, c’est à dire, former un dogme, « un autoritarisme providentiel » ne ferait que dévoyer le combat, même si l’idée de liberté reste propre et suffisamment partagée par tous.

L’idée exposée ci-dessus est un ensemble de critères intrinsèques qui, j’en suis convaincu , s’imposent de fait .

Fonder la réussite d’une quête pour la liberté d’un peuple uniquement sur sa volonté, est insuffisante dans l’absence d’un intérêt international.

Grâce aux nouvelles technologies et aux divers moyens de communications, le monde est devenu un petit village , mais immense en terme d’inégalité des droits, en terme d’injustice, et d’indifférence évidente des « Peuples libres » à l’encontre de ceux qui sont encore bâillonnés.

Le cas des catalans, des kurdes et des kabyles sont autant d’exemples de volonté de se libérer. En revanche, l’obstination inexplicable juridiquement des grandes puissances, à saper le droit à la liberté pour tous les peuples du monde est aberrante.

Évidemment, la réponse est à chercher du côté stratégique et géopolitique.
Dans le droit national, tout individu se sentant lésé ou en danger bénéficie de la protection de la justice pour réparation ou protection. Cela est indiscutablement juste.
Sauf qu’en droit international, c’est tout autre chose. Un peuple en danger se voit refuser son droit à la protection.

En l’espèce, on peut citer « le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » prévu dans le droit international.
Un problème de droit se pose naturellement : pourquoi un peuple a le droit à disposer de lui même et pas un autre? Pourquoi le peuple américain à titre d’exemple, a le droit de décider de son avenir et pas le peuple catalan ?
Il y a, là, une discrimination flagrante qui ne devrait pas exister. Si on considère que le droit international avec ses règles, mécanismes et structures incarnés, entre autre, par l’ONU, a pour but de garantir la paix et la justice dans le monde, alors chaque peuple devrait avoir accès à cette justice qui lui est normalement destinée. 
Force est de constater que ce droit est fait par « les forts pour les forts ». La force des grands a transformé les règles qui sont pourtant faites par l’homme, en un livre divin, ou toute mise en cause est rejetée et perçue comme un sacrilège. 

Dans l’état actuel du droit international, j’ai le sentiment , que  l’injustice est légalisée en « légiférant le colonialisme », j’entend par là,  que jadis le colonialisme sévissait sur les peuples par la force des tanks, fusils et barbelés. Aujourd’hui, il le fait avec des règles et des lois inadaptées aux réalités post-décolonisations.

Une injustice qui devrait interpeller et être corrigée au plus vite.

Au demeurant, comme la liberté à l’échelle nationale n’est pas la mission d’un individu ou de quelques-uns, il en va de même pour l’international. Défendre la liberté avec tout ce qu’elle comporte comme valeurs, devait avoir le concours de l’ensemble des peuples qui forment ce monde , qu’ils soient libres ou qu’ils aspirent à leur liberté.

Le défi qui s’impose à nous, aujourd’hui, n’est pas seulement celui de conscientiser nos peuples quant à leur droit mais, également, de sensibiliser les peuples libres et les États qui se considèrent comme des « puissances démocratiques » à se forger une nouvelle vision de la paix et de la liberté dans le monde .

Y.CHERAIOU