Pour une école Kabyle 

Il est temps, même pressant, pour le peuple kabyle de songer à créer et financer sa propre école, et ce, clairement comme objectif de quitter l’école algérienne et de former les futures générations kabyles en langue kabyle et dans les sciences, la laïcité. C’est une marche importante vers l’autodétermination, c’est au gouvernement kabyle  que revient légitimement la lourde charge de réaliser cet objectif. Il s’appuierait sur l’expérience des associations locales, il mobiliserait leur compétence, mais il ne s’agit aucunement de leur confier ce travail titanesque qui dépasse de loin leur champ d’action, leur domaine de compétence. 

Puis sérieusement un peuple, un gouvernement qui reposerait sur les seules épaules des associations le poids de l’éducation de ses enfants n’irait pas bien loin. C’est du bricolage.

Il s’agit maintenant de passer à l’action, de créer une école kabyle. Il s’agit de cesser de revendiquer dans les rues et manifestes ce dont il peut accomplir par lui-même. L’accomplir mieux que personne. Bien des projets attendent impatiemment l’engagement politique, intellectuel, financier des Kabyles pour se mettre en branle. Des projets pour construire un Etat effectif, pas à la saint-glinglin, mais dès à présent. La Kabylie n’a pas à attendre l’hypothétique accord du régime algérien pour construire son école.

Le pourcentage d’enfants inscrits la première année serait sûrement faible. L’exemple doit venir des cadres et militants nationalistes, des indépendantistes, des élites intellectuelles, des responsables associatifs, des acteurs de la société civile, des ministres et cadres du gouvernement kabyle qui doivent porter ce projet. Car c’est un pas décisif vers l’érection d’un Etat Kabyle .


Peu à peu le peuple kabyle quitterait les rangs de l’école algérienne et confierait l’éducation de ses enfants à l’école kabyle.Cette démarche acterait l’union politique des kabyles qui est une nécessité impérieuse, en effet, pour le moment l’intérêt de la Kabylie plurielle est dans l’union des courants politiques souverainistes.


Les kabyles n’espèrent plus rien de constructif du régime algérien hermétique à toute idée démocratique. Un régime qui ne concéderait jamais volontiers un espace autonome à une entité mazighe ou à une minorité religieuse. Il faut lui forcer la main.


La réaction de l’État algérien à la fondation de l’école kabyle ne serait pas amicale. Mais les kabyles peuvent sans répondre sur le même ton, le mettre devant le fait accompli et l’inciter à infléchir considérablement sa position. Sur ce point essentiel, stratégique, le peuple kabyle engagerait tôt ou tard un bras de fer avec le régime algérien avec l’absolue volonté d’en sortir vainqueur. S’il y a bien un sujet qui pourrait médiatiser, internationaliser la situation politique et les souhaits de la Kabylie, c’est bien celui-là.

Pour donner les moyens modernes à l’école kabyle, salarier dignement les professeurs, le peuple kabyle doit contribuer financièrement et payer un impôt pour l’éducation. Comme il doit faire des efforts et s’acquitter d’autres impôts pour construire la Nation kabyle. La diaspora doit montrer l’exemple. Plus tard, si les lois suivent l’esprit kabyle, naturellement la République Kabylie appliquerait le plus bas taux d’imposition de la Méditerranéenne. Mais ceci est une autre histoire.

Le peuple kabyle est en mesure de réaliser son destin. 

Firmus

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