Interviews

Rachid Hitouche: « Pour le moment nous sommes tenus de penser Liberté »

Wahiba H
Written by Wahiba H

Né le 9 mai 1962, Rachid Hitouche, est un écrivain et militant de longue date,il vit en Kabylie. Il est connu pour son esprit fraternel : « C’est un homme de talent, de sensibilité, d’intelligence et de consensus » a déclaré le Président de l’Anavad a son sujet lors qu’il a annoncé la nomination de Mas Rachid Hitouche pour de coordonner les travaux autour de la mise sur pied du parlement kabyle.

Nous reproduisons ici, une interview qu’il a accordé à l’agence d’informations SIWEL

Pourquoi avez-vous accepté cette mission autrement dit la mise en place d’un parlement est-elle importante à vos yeux?

Je pense que le cas ne relève pas dans le pourquoi, mais plus dans les capacités à assumer puis à pouvoir mener à terme la mission elle-même. J’avoue, que lorsque M. Ferhat Mehenni, Président du MAK-Anavad, m’avait fait appel fin mai de cette année, je lui avais sincèrement demandé un temps de réflexion.

Connaissant l’importance et la charge dont relève la mise sur pied d’un parlement, répondre favorablement sans connaitre réellement ses capacités, selon les autres et non par soi-même, peut conduire à une faute d’appréciation. Je ne suis pas un homme en quête de poste, je suis un homme en quête de liberté de ma patrie la Kabylie. J’ai donc pris soins de demander conseil. D’abord pour les personnes qui me sont très proches, mes propres enfants et ami(e)s intimes. De là, je me suis déplacé pour connaitre le sentiment objectif des présidents de coordinations, leur demandant d’être honnêtes et d’extraire tout sentiment envers ma personne. Je voulais véritablement savoir, selon eux, ce que je pourrai apporter de plus, dans et à cette mission, et non pour obtenir un simple encouragement à l’accepter.

Le consensus a été franc, ce qui m’a donc libéré et j’ai donné mon accord définitif à M. le Président, vers la fin du mois d’Aout. Pour la deuxième partie de votre question, je précise que le parlement est ouvert à toutes les énergies et bonnes volontés, aspirant à l’indépendance de notre Kabylie. Il me semble également, que cette instance peut davantage convaincre la population Kabyle en général et les indécis en particulier quant à la nécessité d’édifier un État kabyle souverain. Un rapprochement entre tous les Kabyles s’opèrera dès la mise sur pied du parlement, vu que les régions seront toutes représentées, et chaque parlementaire sera un élément faisant office de liaison entre l’instance et la base. Nous devons être en connaissance, quoi que nous le sommes déjà, de tout ce dont souffrent nos populations.

Aussi, le parlement aura pour charge d’étudier et de proposer à la société kabyle, les lois avec lesquelles son Etat avancera vers la prospérité et l’universalité. Cela ne sera pas une mince affaire, mais avancer doucement c’est arriver sain assurément. C’est ce que nous prévoyons.

Quel est votre rôle dans le cadre de la mise en place du parlement kabyle ?

Mon rôle n’est pas solitaire, je travaillerai avec toutes les coordinations ainsi que tous les militants y compris les sympathisants qui ne sont pas structurellement engagés. Comme vous le savez également, l’installation du C.E.C, Conseil d’évaluation et de Contrôle, annoncé par le Président l’année passée, a eu lieu le vendredi 27 octobre et ce Conseil sera d’un apport considérable à mon rôle de superviseur de l’état d’avancement des travaux. Celui-ci servira aussi d’instance de prévoyance des actions à venir et d’évaluation des actions déjà accomplies.

Je n’ai donc pas de rôle principalement dit, j’ai plus la responsabilité de mener à terme et dans de bonnes conditions, je le souhaite, l’opération qui m’a été confiée tout en restant un simple militant comme je l’ai toujours été, proche du citoyen en général et de nos militants en particulier.

Aussi, je profite de l’occasion que vous m’offrez, pour lancer un appel de cœur, un appel de Kabyle à tous les Kabyles afin de s’unir et de ne plus s’occuper des petits problèmes qui ne servent que l’ennemi. Nos déchirements intempestifs, souvent futiles, ne nous seront d’aucun bénéfice si ce n’est nous causer davantage de retard dans notre marche vers la liberté et davantage d’animosité mesquine au sein de nos rangs, ce dont nous n’avons pas besoin. Nous avons besoin d’une société éveillée, respectueuse d’elle-même et des autres. Unissons-nous autour de ce projet, réalisons-le. Une fois l’Etat est là, nous irons vers la multitude de partis. Une fois la liberté est acquise, ressentie et vécue, le reste devient du quotidien, comme cela se passe dans les pays démocratiques. Pour le moment nous sommes tenus de penser Liberté, de voir indépendance et de concevoir Etat Kabyle.

Pourriez-vous nous dire où vous en êtes dans ce projet ? Y a-t-il des échéances et des étapes de définies ?

Je ne suis pas quelqu’un qui avance des choses avant qu’elles ne soient réalisées. Le projet est maintenant connu de tous. Nous travaillons sereinement pour que celui-ci soit mis sur pied dans de très bonnes conditions, surtout dans un climat de sérénité où les concernés auront le temps de bien peser l’importance de cette noble instance. Concernant les échéances oui, nous avions discuté moi et le Président, M. Ferhat Mehenni, mais la préférence était pour nous de ne pas arrêter de date précise. Seul le travail compte, et les étapes auront lieu d’elles-mêmes, elles s’imposeront. Le temps est au travail et à l’union, ce que nous essayons de bien et mieux faire avec l’ensemble des bonnes volontés.

Tiɣri-inu i wakken ad fakeɣ tadiwennit-agi d ttin ar ad yilin ilmend n tegmat. Iḥettem fell-aɣ, ɣef tarwa Taqvaylit ad tilli am tissist, anida yegzzem yinziz, ilaq ad iccud. Ass ma iruḥ ur t-nɣellet ara, azekka ur-d yettuɣal. Ɣur-wet, ɣur-nneɣ merra : Taqvaylit d tayemmat, yess i neldi allen, fell-as ar ad neqdec iwakken att-id-nessali d tilellit, d timunent i lmend-nneɣ, i lmend n tsuta id d-ittnekkaren.

Tanemmirt i Siwel.
Ad tidir tamurt Taqvaylit d tillelit d tamunant.
Vive la Kabylie libre et indépendante.

SIWEL