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Taghardayt: Injustice et chantage, appelée « réconciliation », organisée par les coupables

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Le Wali de Taghardayt (Ghardaïa), Azzeddine MECHRI, sur ordre d’Alger, a organiser, le 21 septembre 2017, à l’occasion de la journée internationale de la paix, une « rencontre sur la réconciliation » à laquelle ont pris part des « représentants » mzabs, arabes, les épouses des ambassadeurs d’Égypte et de Palestine et les représentants des Ambassades de France et d’Afrique du Sud. Pendant que sur le terrain la traque des militants pacifistes mzabs et les arrestations arbitraires continuent à ce jour.

Ces mozabites de pacotille qui ont brillé par leur silence lorsque les baltaguiya s’attaquaient à des populations sans défense sous le regard passif des forces de sécurité, ont toute honte bue formulé une demande à fakhamatouhou (son excellence) Abdelaziz Bouteflika, implorant sa « clémence » et sa « générosité » pour libérer, à l’occasion du 1er novembre, les prisonniers qui croupissent injustement dans les prisons algériennes. Les innocents peuvent encore patienter un mois de plus en prison! Sans oublier les dizaines de morts, les milliers de personnes blessées et traumatisées, des milliers de familles chassées de chez-elles. Les biens et les maisons pillés, saccagés et incendiés. Le Wali de Taghardayt (Ghardaïa) précise que sa demande au chef de l’Etat de libérer les prisonniersne concerne pas les criminels! « Il n’est pas question de libérer les criminels » a t-il déclaré. Un aveu que les prisonniers sont innocents.

C’est le même scénario sinistre qui se répète périodiquement depuis des décennies. Agression des mzabs et complicité des forces de sécurité, suivies d’arrestations arbitraires de simples citoyens innocents et des militants pacifiques qui dénoncent ces crimes et ces complicités, et la non poursuite des vrais criminels qui, pourtant, agissent souvent en plein jour et à visages découverts. De lourdes condamnations sont prononcées contre les innocents. Et pour tourner la page, le chantage en organisant une « réconciliation » entre les mzabs et les arabes par le pouvoir et avec la bénédiction de personnalités qui ont brillé par leur silence devant les crimes de l’Etat algérien.

Certes, il y a eu des affrontements entre mzabs et arabes et nous appelons à ce qu’il n y ait plus d’affrontements entre ces deux communautés qui doivent trouver une solution, une vraie, pour cohabiter. Mais il ne faut pas se tromper de constat ; le vrai problème n’est pas entre mzabs et arabes, mais entre les mzabs et le pouvoir algérien par arabes interposés. La vraie réconciliation, si elle devait se faire, c’est entre les mzabs et l’Etat algérien, et ceci doit passer par une commission d’enquête crédible et le jugement de tous les responsables algériens impliqués dans ces violences quelque soit leur rang. Ce n’est qu’après qu’on peut avoir une vraie réconciliation mais surtout une garantie que ce qui s’est passé ne se reproduira plus.

Le Wali présente les indemnisations comme un geste de générosité de la part du pouvoir qui est allé au-delà de la loi pour apaiser les esprits en indemnisant à deux reprises ceux à qui les domiciles ont été incendiés deux fois. Mais qu’en est-il réellement de ses indemnisations sur le terrain? Souvent ce sont de fausses victimes qui sont indemnisées pendant qu’on attribue des sommes symboliques aux vraies victimes afin de pouvoir justifier qu’il y a eu indemnisation. Tout le monde, à Berriane, se rappelle, après les inondations de 2008, l’attribution de 150 chalets pour reloger les victimes alors qu’il y avait plus de 500 familles sinistrées et le plus scandaleux c’est d’attribuer 75 chalets au mzabs et 75 chalets aux arabes par « souci de justice » alors qu’il y avait à peine une dizaine de familles arabes sinistrées. Le chef de daïra de Berriane de l’époque, Mokhtar AOUNE est allé au périmètre agricole de Laroui se situant à 14 Km de Berriane et qui n’a pas été touché, pour ramener de faux sinistrés arabes.

Les vrais criminels n’ont jamais été inquiétés. C’est la raison pour laquelle les réconciliations de 1990 et de 2009, à Berriane, n’ont pas empêché qu’il y’ait d’autres évènements encore plus violents, avec plus de morts et de maisons et de magasins pillés,saccagés et incendiés à chaque fois. Au contraire, c’est cette impunité qui a encouragé les criminels à récidiver ou d’autres criminels à agir.

Personne n’est dupe, et tout le monde sait que les responsables politiques et sécuritaires sont les vrais commanditaires et que les bandes de voyous n’ont fait qu’exécuter cet énième pogrom anti-mzab. L’actuel Wali, ses prédécesseurs et leurs supérieurs civils et militaires ont provoqué par leur haine institutionnalisée un véritable désastre sur le plan humain, social et économique et ils osent parler des indemnisations après des dizaines de morts, des milliers de personnes blessés et traumatisées, chassées de leurs maisons.

Le pouvoir algérien a fait du Mzab un problème et une question depuis 1962. Tout simplement, parce que son particularisme linguistique et religieux l’insupporte. Rien n’a été épargné à cette région : dépossession des terres, sédentarisation des nomades, implantation massive d’autres populations dans la région …etc. Un véritable génocide culturel a été mis en œuvre pour faire disparaître une civilisation millénaire.

Au moment où cette mascarade est organisée, Bakir ALOUANI et Mohammed BABANEDJAR étaient en grève de la faim. BABA NEDJAR l’est toujours. Très affaiblit par la grève de la faim, il a été transféré de la prison de Saïda à Blida devant l’indifférence totale des autorités et le silence des représentants des mzabs présents à cette « réconciliation » de façade.

Nous dénonçons avec force cette rencontre de la honte célébrée hypocritement au nom des idéaux de la paix tout en instrumentalisant la journée internationale de la paix.

Nous réitérons notre revendication d’une commission d’enquête crédible et indépendante pour mettre toute la lumière sur les tenants et les aboutissants de ce drame.

Les rapports de forces sont faits pour être changés. Tôt ou tard, les autorités algériennes civiles et militaires, responsables de cette tragédie, seront traduites devant une juridiction nationale ou internationale.

Le pouvoir algérien conduit une politique clairement anti-mozabite. M. SAADANI, ex-secrétaire du parti FLN, a mis nommément en cause l’ancien patron des services de renseignements, le général Mohammed MEDIENE dit « Toufik » le rendant responsable des violences qui ont eu lieu à Taghardayt. Bizarrement, La Justice est restée muette devant de telles accusations. Il s’agit de la même justice qui a agi sous les ordres du Wali de Taghardayt, Azzeddine MECHRI et ceux de ses supérieures civils et militaires pour mettre l’avocat Me Salah DABOUZ sous contrôle judiciaire. Et c’est le Wali en personne qui l’a déclaré dans un discours officiel.

Nous refusons que les violences du Mzab passent pour des faits anodins ou inexistants. Nous estimons qu’un règlement définitif de ce drame exige de dire la vérité aux populations concernées. Aussi, considérons-nous que mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. Pour nous, il s’agit bien d’un conflit dont les acteurs sont, les mzabs (amazighs, de rite ibadite), les autres tribus habitant la région (arabes de rite malékite) d’un coté et l’Etat algérien d’un autre coté. La solution doit émaner des représentants légitimes des populations en question et le pouvoir en place. On ne peut se contenter des mesures sécuritaires accompagnées d’impunité, parce qu’en plus de sacrifier la justice, elles sont vouées à l’échec tôt ou tard. Il n y a qu’à voir le résultat des épisodes de 1990 et de 2008-2009. Cette solution doit obligatoirement se baser sur la vérité car toute politique qui n’est pas en quête de vérité est criminelle. Entre-temps, nous pensons qu’il est urgent que les prisonniers et les détenus politiques soient libérés immédiatement pour mettre fin à l’injustice et à la souffrance de leurs familles et que toutes les personnes injustement emprisonnées soient indemnisées par l’Etat algérien.

Aa responsables algériens nous dirons : Vous avez le pouvoir et la force, nous avons les valeurs et l’espoir. Le Mzab historique vaincra.

Gloire aux martyrs mzabs et liberté à tous les détenus.

Paris le 31 octobre 2017
Président d’Izmulen
Mohammed DABOUZ