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Un peuple n’est libre….

Wahiba H
Written by Wahiba H

Un peuple n’est libre que lorsqu’il dispose d’un territoire sur lequel il a une souveraineté totale.

Un peuple n’est libre que lorsqu’aucun souverain ne lui dicte sa loi et ne lui impose sa politique ni ne supplante sa culture et sa langue pour les substituer par les siennes. Ni le contraint à adopter sa religion et le force à obéir à ses représentants locaux.)

Un peuple n’est libre que lorsqu’il vote pour élire son gouvernement, ses élus locaux et désigne ses ambassadeurs auprès des autres États, alliés, adversaires et ennemis. 

Un peuple n’est libre que lorsqu’il choisit son propre projet de société, selon la vision de la majorité, conformément à son histoire, à sa culture, à sa langue, à ses rêves et à ses moyens.

Un peuple n’est libre que lorsqu’il n’est pas sommé de servir et suivre une idéologie qui lui est étrangère.

Un peuple n’est libre que lorsqu’il n’y a pas une législation dominante qui l’oblige à s’assimiler à une autre culture, qui l’oblige à se soumettre collectivement à une religion qu’il ne choisit pas, qui l’oblige à éduquer ses enfants dans une langue qui lui est étrangère et selon des valeurs auxquelles il ne souscrit pas, dans des programmes dont il ne décide pas les contenus

Un peuple n’est libre que quand il aménage lui-même son territoire et décide quelles sont les terres à affecter à l’agriculture, celles à construire, où tracer les voies de communication, où construire des ponts, des barrages, des écoles, des hôpitaux, des mosquées ou des églises ou des synagogues, des zones industrielles, des hôtels et des restaurants, des boutiques et des grands magasins, etc.

Un peuple n’est pas libre quand des imbéciles font pression sur lui pour l’obliger à se déclarer libre.

Privé de tous ces attributs, un peuple est dit sous domination, colonisé, ou asservi. Tous les individus constituant un tel peuple sont individuellement non libres, assimilés à ce qu’ils ne sont pas, non reconnus dans leur identité, non écoutés dans leur langue, non pris au sérieux dans leurs revendications. Tout individu de ce peuple ne fait que raser les murs de l’officiel, se dissoudre dans la masse dominante, taire ses origines, taire ses rêves, taire sa vision du monde et taire sa conception de l’avenir de ses enfants. Il cache son accent quand il parle la langue imposée, épouse le langage bigot environnant et dominant, se fait passer pour un citoyen modèle, obéissant, en accord avec tout ce qui est imposé à son peuple. Il vivote, en attendant que ses descendants s’assimilent totalement, s’oublient, se renient et rejoignent la culture et la religion dominantes pour être enfin tranquilles, et se présenter d’égal à égal devant leurs dominateurs.

D’une manière ou d’une autre, le peuple kabyle est sommé de payer une jizya. Cette jizya consiste à abdiquer sa langue, sa culture et sa façon de concevoir ses relations avec le Ciel. C’est seulement une fois que cette immense taxe est totalement versée que le kabyle peut être considéré comme citoyen algérien à part entière, libre et égal en droits à tous les autres citoyens. Ces droits consistent à servir l’idéologie arabo-islamique, faire l’apologie de la langue arabe, vénérer l’islam et les ancêtres des Arabes (Mohammed, Omar, Abu Bakr, Ali, Okba…), mépriser et oublier Masnsen, Yugurten, Dihya, Aksil, Syphax…

Le propre des souverains et de peuples dominateurs est qu’ils redéfinissent le concept de liberté de manière à ne la reconnaître aux autres que dans les contours qu’ils ont eux-mêmes dessinés. Ainsi, la liberté reconnue aux Kabyles est celle qui consiste à s’assimiler à l’arabo-islamisme ou à laisser l’arabo islamisme – seul officiellement légitime – de leur dicter quel genre de Kabyles ils doivent être

Exemples : Ouyahia, Ould Ali, Messaoudi, ou Haddad sont de bons Kabyles. Ferhat, Matoub, Mammeri, Djaout sont des méchants Kabyles. La yadjouz.

Arilès