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​Deux « réfugiés politiques » mozabites soutenus par Amnesty international sont maintenus en détention par l’Espagne !

Proposé par Rédaction

Khodir Sekkouti et Salah Abbouna, deux militants mozabites de défense des droits humains, militants des droits des peuples et militants du Mouvement pour l’Autonomie du M’zab (MAM) sont toujours maintenus en détention après que le gouvernement algérien ait émis contre eux un mandat d’arrêt international sur la base de fausses, et graves, accusations.

Pourtant, et alors même qu’ils étaient incarcérés par Madrid et maintenus en « isolement » du fait de l’accusation scandaleuse de l’Etat algérien qui les qualifie de « terroristes », Khodir Sekkouti et Salah Abbouna ont été reconnus dans leurs droits à la protection internationale par l’UNHRC (Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) qui leur a accordé le statut de réfugiés politiques. Cet organisme de protection des droits des réfugiés a également rappelé l’Espagne à ses obligations internationales, et donc non seulement à ne pas les extrader vers l’Algérie mais également à leur garantir la protection qui leur est due du fait de leur statut de réfugiés.

D’autre part, sollicitée par le Comité de soutien à Khodir Sekkouti et Salah Abbouna et l’Assemblée mondiale amazighe, les deux militants ont bénéficié du soutien d’Amnesty lnternational qui a expressément intercédé en leur faveur expliquant, en détail, la situation dans le Mzab, les multiples atteintes aux droits humains et l’absence de garanties dans les procédures judiciaires. L’organisation de défense des droits humains a également précisé que ces militants étaient des activistes pacifiques, des défenseurs de la cause amazighe et que les critiques qu’ils ont diffusées sur les réseaux sociaux entraient dans le cadre de l’exercice de la liberté d’expression et ne pouvaient être sanctionnées.  

Pour autant, l’Espagne ne semble pas pressée de répondre à ses obligations. Les deux militants sont non seulement maintenus en détention, mais ils demeurent, de surcroit, en « isolation » comme de vulgaires terroristes. Plus grave encore, l’administration pénitentiaire de Madrid a décidé de les séparer et d’envoyer Salah Abbouna à Palencia, à 300 km au nord de Madrid, et Khodir Sekkouti à Grenade, à 450 km au sud de Madrid, et ce, sans même en informer leur avocat, ni le tribunal de Madrid ni même le juge en charge de l’affaire. Et tout cela se passe alors même qu’il est formellement prouvé que les deux détenus sont des militants des droits humains, des militants politiques du Mzab et qu’ils dénoncent justement le terrorisme sous toutes ses formes, et pour cause…

En effet, depuis 2013, les mozabites subissent régulièrement un terrorisme d’Etat à multiple facettes, où la haine raciale et religieuse est savamment instrumentalisée par le gouvernement algérien qui organise et assure l’impunité à des milices arabes Chaâmbas, pendant qu’il emprisonne et poursuit en justice les mozabites en les accusant des crimes gravissimes dont ils sont les victimes. L’Etat algérien arabo-islamiste ne leur pardonne effectivement pas d’être à la fois amazighs et ibadites ; autrement dit doublement hérétiques et par l’identité et par la religion, c’est-à-dire non arabes et non sunnites…

Il est indéniable que le mandat d’arrêt émis par le gouvernement algérien à l’encontre de Salah Abbouna et Khodir Sekkouti soit directement lié à leur intense activisme en faveur des droits humains et des droits des peuples, en l’occurrence, les droits légitimes du peuple mozabite. L’Etat algérien ne leur pardonne pas leur activité de lanceurs d’alertes sur les tragiques évènements de Ghardaïa ; et ce, avec d’autant plus de rage que les accusation de haine, de racisme et de crimes, dont les mozabites accusent publiquement le gouvernement algérien, sont très largement documentés, notamment en ce qui concerne l’implication directe, et maintes fois constatée, des forces de police et de gendarmerie algériennes à Ghardaïa.

Tamaynut

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