Contributions Une

​LES DONNEURS DE LEÇONS

Proposé par Rédaction

Il faudrait être tel l’ermite, totalement isolé dans la « grotte de Platon » pour ne pas voir la faillite des mondialismes idéologique, économique et religieux (opposés en apparence mais alliés objectifs), les destructions dont ils sont porteurs et les rejets ultra-violents qu’ils suscitent de par le monde, dans leur volonté d’égaliser l’humanité dans un unique flot de pensées. 
Comment justifier ce refus de l’idéologie mondialiste, qui vise à l’unité politique de la communauté humaine par le transfert de souverainetés des états vers des fédérations supranationales, et dans le même temps dénier catégoriquement aux peuples sans états le droit à l’autodétermination, par la même logique d’agrégation au mépris de la diversité des cultures, sans faire l’aveu implicite que la violence est la seule mesure de la légitimité? 
Dans l’histoire des « démocraties » la France ne se distinguera par sa prétention à l’universalisme, que par l’expulsion symbolique de l’aristocratie pour se jeter corps et âme dans une chaotique lutte des classes, non sans avoir revisité au passage la démocratie d’exclusion qui s’illustra notamment par l’esclavage et la gestion brutale de son empire colonial. Confrontée aujourd’hui au retour en force du communautarisme et de la dynamique identitaire, elle saura habilement instrumentaliser cet « épouvantail » pour occulter le désastre économique, les sentiments d’inégalités face à l’injustice et la trahison des représentants. 
C’est donc en partant de l’exemple Français très particulier, pas le pire mais loin d’être le meilleur, que les extrémistes « jacobins » prétendent donner des leçons de démocratie aux peuples en mal de liberté, en les brocardant sur leur incapacité à effectuer un saut civilisationnel tout en leur retirant l’échelle qui y permet l’accès. 
On s’accorde volontiers à admettre que la liberté implique le droit à la différence et son expression, dans tous les domaines sauf pour ce qui est des ethnies et des peuples premiers, conspués car ils renverraient au prétexte idéologique de « race pure » et de nationalisme d’exclusion, ardemment combattus au XXeme siècle pour faire triompher l’idée même de liberté. 
Forts de cette justification factice et noyés dans l’hybris de leur pseudo mission civilisatrice, les états-nations qui mettent en réserve des centaines de peuples et d’ethnies freinent des deux pieds pour ralentir l’inévitable décolonisation, qui n’a absolument rien à voir avec la consécration des frontières du déshonneur, et prolongent ainsi indéfiniment les souffrances, les génocides et les confits.  

Comme dirait Georges Orwell : « La vraie distinction n’est pas entre conservateurs et révolutionnaires, mais entre les partisans de l’autorité et les partisans de la liberté. »

Omar Rabhi

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