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14 JUIN 2001, 17 ANS APRES, LE PEUPLE KABYLE EST ENCORE INCAPABLE DE S’AUTOGOUVERNER. POURQUOI?

14 JUIN 2001, 17 ANS APRES, LE PEUPLE KABYLE EST ENCORE INCAPABLE DE S’AUTOGOUVERNER. POURQUOI?

En ce jour de la journée nationale kabyle, toutes mes pensées vont aux 128 jeunes kabyles assassinés du printemps noir, mais aussi aux millions de kabyles qui ont pris d’assaut Alger un certain 14 juin 2001.

Il ne me semble pas dans le passé avoir pris connaissance d’un seul peuple au monde qui s’est déplacé en très grand nombre et pacifiquement sur un trajet de plus de 100, 150, 200, 250 kms pour des revendications identitaires, politiques et d’ordre socio-économiques. Ils sont venus de différentes villes et villages des départements de Tizi Wezzu, Bgayet, Tubiret, Bumerdes et Stif.

Oui le peuple kabyle l’a fait, mais force est de constater qu’il n’a pas pu réaliser l’essentiel. Celui de s’AUTOGOUVERNER. D’autant plus que c’est plus SIMPLE à réaliser, demande beaucoup moins d’EFFORTS et avec en sus, en cas de réussite, de nombreux AVANTAGES en termes de sauvegarde de notre langue et de création D’EMPLOIS. Par exemple :

– Gérer nos écoles avec notre propre langue, nos propres programmes et curriculums scolaires établis selon les standards des pays qui avancent et selon nos valeurs.

– Mettre en place nos propres chaines de TVs, nos radios et nos journaux qui nous informent et s’adressent à nous dans notre langue.

– Disposer de notre justice, nos tribunaux et nos propres lois en tenant compte de notre Azref ancestral combiné aux lois universelles, pas celles conçues en Arabie.

Ferhat Mehenni, dans sa réponse d’aujourd’hui au journaliste Areski Ait Larbi, a mentionné cette autorité moderne qui manque au peuple kabyle. Résultat direct de cette malédiction qui consiste à rejeter le pouvoir de son frère kabyle tout en acceptant d’endurer celui d’un étranger.

Ceci nous interpelle 17 ans après la fameuse marche de 2001. Peut-on enfin s’asseoir ensemble pour mettre fin à cette malédiction et mettre en place cette auto-gouvernance qui nous fait défaut?

Certes la multiplication des mouvements et partis politiques kabyles nés après 2001, tel que le MAK et bien longtemps après le RPK et ensuite l’URK, qui viennent s’ajouter aux partis dit nationaux (FFS, RCD), peut paraître un obstacle majeur pour achever un telle mission.

Mais avons-nous d’autres choix que de s’entendre autour d’un smig minimum qu’est la justice (judiciaire), un parlement (législatif) et un gouvernement (exécutif) kabyles, qui vont résoudre tous les problèmes actuels en Kabylie. Parmi ces problèmes il y’a d’abord l’école qu’on doit vite extraire de l’idéologie arabo-islamiste. Ensuite la préservation de la langue kabyle en lui offrant tous les instruments nécessaires à sa promotion dont les mass-média que sont les TVs, Radios et journaux. Et enfin la sécurité des kabyles. Celle-ci étant présentement source de débats houleux. Ce qui est, d’après moi, une excellente nouvelle que cet épineux problème soit enfin posé et discuté entre kabyles de différents bords.

Si on ne passe pas et vite à cette entente, on risque de sombrer encore et encore et tout le temps dans des interminables disputes et inutiles chicanes qui nous découragent, nous épuisent et nous essoufflent au grand bonheur de nos ennemis. On ne se rend pas compte de l’état de découragement et de désespoir dans lequel se trouvent actuellement nos jeunes à cause de toutes ces discutes et ces divisions.

Réalise-t-on au moins qu’entre temps nos enfants continuent à payer le prix fort en allant chaque jour aux abattoirs scolaires et crèches coraniques, lisant Echourouq et Ennahar, regardant des dizaines de chaines TV qui les arabisent et salafisent. Sans parler de nos filles qui sont influencées par ces TVs et l’école en délaissant leurs traditionnelles tenues vestimentaires héritées de leurs mères et grandes mères au détriment des tenues provenant de l’orient, islamisme oblige.

N’est-il pas grand temps de mettre fin à cette malédiction de ne pouvoir s’autogouverner tant décriée par nombre de nos poètes et artistes à l’instar de Slimane Azem, Matoub Lounes et Lounis Ait Menguellet. Ce dernier, dans les années 80, il a dressé un constat des plus justes sur la société kabyle post-indépendance. Dans sa chanson intitulée Ay aqvayli, il a en effet décrit la désunion des kabyles et la naissance d’une jalousie maladive entre les frères au point de s’écraser sous les yeux de l’étranger vénéré. Il a, entre autres, dit :

« Tura ur d-iqqim lefhem, tṣubb s anga ur d-tettali
Anwa i-ilaq ad yeḥkem, m’ur di-tqebblem nekkini
Anwa i-ilaq ad yeḥkem, ur k-nqebbel keččini
Teẓram amek ara nexdem, a s-nsiwel i-uberrani
Ay Aqvayli, ireffden aberrani
Ay Aqvayli, yettağğan gma-s yeγli »

Enfin je vous laisse méditer ces autres belles paroles de l’immortel Slimane Azem:

« Teẓram akk a leqvayel,

anw’i d mmi-s n laṣṣel
D win yettḥeziben i nnif-is.

Lukan nemǧaza naεdel,

rray-nneγ ad yeddukkel,

yal wa a s-d-iḍehr ummur-is

Ma nettεemmid i lbaṭṭel,

ad nuγal akk am ṭṭbel,

yal wa a d-iheggi aεrur-is »

Racid At Ali Usasi

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