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AU SUIVANT !

AU SUIVANT !

Qu’a-t-elle donc cette « élite algérienne » de Kabylie qui ne recule devant aucune digue de bon-sens(1) – souvent de décence – pour exhiber, à chaque tournant, une aigreur pathétique, et, à chaque halte, une « méchanceté » quasi gratuite, en tout cas fort suspecte, établie à mille lieues du vrai débat d’idées. En effet, outre le propos creux et à bien des égards injurieux, ce qui laisse plus que supposer que cette élite autoproclamée est dans une quête obsessionnelle de la moindre lueur qui serait à même de l’extirper, un tant soi peu, de l’oubli abyssal et généralisé dans lequel elle a sombré depuis des lustres, cette inimitié est systématiquement orientée contre tout ce qui signifie « rupture totale avec le statu quo » et donc, avec l’oppositionnisme folklorique dont se nourrit le régime et qui, au passage, construit bien des auras sans péril, voire fructueuses.

Ainsi, quand on entame une chronique par une traduction aussi infidèle visant à travestir une célèbre citation de Lounès Matoub qu’est : « Cfut di targa ma ɣliɣ / D anza-w ad awen-d-issiwlen », cela pose un problème d’ordre éthique qui discrédite aussitôt l’auteur et putréfie sa chronique. Au-delà de la malhonnêteté intellectuelle, il est surtout question d’infidélité au texte de Matoub et d’une grave entorse à la langue kabyle que monsieur Meziane Ourad semble gravement méconnaître. Pire, on est interloqué par le mépris affiché envers la Kabylie, qualifiée grossièrement de « petits rochers », ce qui, du reste, a servi de trame de fond à ses « foutaises » qui ne peuvent que manquer, à ce point, de tact, de hauteur et de dignité.

L’artiste engagée Tenna, pour ne citer qu’elle(2), a bougrement raison quand elle pousse, à juste titre, ce cri : « Nous sommes devenus des « foutaises », des « soûlards », des « nazis »… Il devient dangereux d’avoir des idées et des ambitions pour son peuple et son identité. Il faut rester dans le rang, baisser la tête, courber l’échine, se mettre à genoux au besoin, rentrer dans le moule, fermer son clapet et ne l’ouvrir que pour dire « anɛam sidi, oui oui messiou ». « Nessenger béni oui-oui / Yiwen ur d-yegri / Uɣalen-aɣ d beni-naɛam » (Dixit Lounès Matoub) ».

Outre toutes les motivations, avérées ou supposées, qui sous-tendent les postures des uns et des autres, notamment de ceux qui, au nom d’un nationalisme algérien des plus exacerbé, ont choisi délibérément de s’inscrire dans le déni multidimensionnel de la question kabyle, avec parfois des méthodes plus que répréhensibles, on oubli trop souvent que le devoir de chaque génération est de creuser son propre sillon, d’écrire son propre destin et non d’entretenir celui tracé et écrit par la précédente, ce qui constitue, de fait, le maintien du statu quo. Or, dans un monde en perpétuelle évolution, quand on n’évolue pas, quand on ne progresse pas, on recule forcément et ça, les anciens de 80 à qui nous devons beaucoup, ne l’ont manifestement pas compris.

Dans ce climat licencieux où le sage, se sentant de trop, s’excuse presque d’être encore en vie, la seule question qui revient à chaque aurore, est celle de savoir, qui sera le « suivant » dans cette incroyable chevauchée vers cette forme de délation par laquelle on prend part, d’une manière insidieuse et mesquine, à la perversion des luttes authentiques tout en remplissant le rôle de bouffon de la cour…

Allas DI TLELLI
08/07/2018

(1) Lire ou relire : (10/06/2018) – DÉSHÉRENCE

Source : La page facebook de l’auteur

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