AU SUIVANT !

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Qu’a-t-elle donc cette « élite » algérienne de Kabylie qui ne recule devant aucune digue de bon-sens pour exhiber, à chaque tournant, une aigreur qui suscite plus de la pitié, et, à chaque halte, une « méchanceté » presque gratuite, en tout cas fort suspecte, établie à mille lieues du vrai débat contradictoire. En effet, outre le propos creux et à bien des égards injurieux, ce qui laisse plus que supposer que cette élite autoproclamée est dans une quête obsessionnelle de la moindre lueur qui serait à même de l’extirper, un tant soi peu, de l’oubli abyssal et généralisé dans lequel elle a sombré depuis des lustres, cette inimitié est systématiquement orientée contre tout ce qui signifie « rupture totale avec le statu quo » et donc, avec l’oppositionnisme folklorique dont se nourrit le régime et qui, au passage, construit bien des auras sans péril, voire fructueuses.

Ainsi, quand on entame une chronique par une traduction aussi infidèle d’une célèbre citation de Lounès Matoub qu’est : « Cfut di targa ma ɣliɣ / D anza-w ad awen-d-issiwlen », cela pose un problème d’ordre éthique qui discrédite aussitôt l’auteur et putréfie sa chronique. Au-delà de la malhonnêteté intellectuelle, il est surtout question d’infidélité au texte de Matoub et à la langue kabyle que monsieur Meziane Ourad semble gravement méconnaître, ainsi que de mépris envers la Kabylie, qualifiée grossièrement de « petits rochers », ce qui, du reste, a servi de trame de fond à ses « foutaises » qui ne peuvent que manquer, à ce point, de tact, de hauteur et de dignité.

L’artiste engagée Tenna, pour ne citer qu’elle, a bougrement raison quand elle pousse, à juste titre, ce cri : « Nous sommes devenus des « foutaises », des « soûlards », des « nazis »… … Il devient dangereux d’avoir des idées et des ambitions pour son peuple et son identité. Il faut rester dans le rang, baisser la tête, courber l’échine, se mettre à genoux au besoin, rentrer dans le moule et fermer son clapet et ne l’ouvrir que pour dire « anɛam sidi, oui oui messiou ». « Nessenger béni oui-oui / Yiwen ur d-yegri / Uɣalen-aɣ d beni-naɛam » (Dixit Lounès Matoub) ».

Au-delà de toutes les motivations, avérées ou supposées, qui sous-tendent les postures des uns et des autres, notamment de ceux qui, au nom d’un nationalisme algérien des plus exacerbé, ont choisi délibérément de s’inscrire dans le déni multidimensionnel de la question kabyle, avec parfois des méthodes plus que répréhensibles, on oubli trop souvent que le devoir de chaque génération est de creuser son propre sillon, d’écrire son propre destin et non d’entretenir celui tracé et écrit par la précédente, ce qui constitue, de fait, le maintien du statu quo. Or, dans un monde en perpétuelle évolution, quand on n’évolue pas, quand on ne progresse pas, on recule forcément et ça, le gros des anciens de la génération 80 à qui nous devons beaucoup, ne l’ont manifestement pas compris.

Dans ce climat licencieux où le sage, se sentant de trop, s’excuse presque d’être encore en vie, la seule question qui revient à chaque aurore, est celle de savoir, qui sera le suivant dans cette incroyable chevauchée vers cette forme de délation par laquelle on prend part, d’une manière insidieuse et mesquine, à la perversion des luttes authentiques tout en remplissant le rôle de bouffon de la cour…

Allas DI TLELLI
08/07/2018

Source : La page facebook de l’auteur

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