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CAMUS: Entre POLIS et TUDDAR…

CAMUS: Entre POLIS et TUDDAR…

La Kabylie du siècle dernier, c’est comme la Grèce antique:
La POLIS (cité grècque) était organisée exactment comme un village kabyle, une espèce de micro-république (cité-État), c’est-à-dire une communauté de villageois libres et autonomes.De vrais citoyens!

Dans la pensée grecque antique, la cité préexiste à l’homme. À titre d’exemple, la cité d’Athènes n’existe pas en tant que telle : c’est la cité des Athéniens, tout comme la plupart des noms de villages kabyles sont rendus par l’attribut substantifs pluriel (At Dwala, At Yiraten, At Yanni, Iwadiyen, I3azzugen etc..).

En effet, un vilage kabyle c’est la cité par excellence. C’est une communauté politique réunie par un choix de vie commune. Cette vie commune est assurée et consolidée par la référence à un même passé mythique, à quelque ancetre éponyme ou quelquefois aussi à des héros communs immémoriaux, sinon à des rites religieux (Imrabden) et des lois intégrées et partagées.
L’exact schéma, en tout point identique, aux Polis grècques.

Le caractère autonome de ces cités grècques se retrouve également dans les villages kabyles. Les cités antiques grècques avaient été favorisées par le relief accidenté du pays, reliefs de type alpin; comme le Djurdjura, sans l’activité tectonique cependant. Celui-ci entravant les communications, et renforçant ainsi l’autarcie des villages kabyles commes les Polis grècques. Toutefois aucune théorie déterministe géographique ou socio-géologique n’explique cette structure originale. Sa formation est un long processus et complexe, à ce jour non encore parfaitement élucidé.

Ainsi la notion de POLIS pouvait dans l’antiquité grècque recouvrir ces trois aspects qui caractérisent aujourd’hui les TUDRIN kabyles :

– Une entité sociale, comprise comme une communauté d’ayants droit (citoyens), libres et autonomes, fortement structurée : le corps des citoyens. La polis est alors comprise comme une entité politique et même comme le cadre de l’émergence du politique.
– Une entitée spatiale, un site qui attache de manière insécable tout village à son territoire et son écosystème qui lui est propre. Les TUDDAR, comme les POLIS, sont alors perçues (voir érigées) comme des entité physiques.
– Enfin, un micro-état souverain, doté de pouvoirs régaliens (il possède une armée de fait), qui joue un rôle sur la scène interrégionale.

Le parallèle ne s’arrete point là, la ressemblance la plus frappante en est que :
DE MEME QUE LES POLIS GRECQUES N’ONT JAMAIS PU SE FEDERER POUR CONSTITUER UN ETAT, ENCORE MOINS UN EMPIRE, ET IL EN EST DE MEME POUR LES TUDDARS, OU LES AARCHS KABYLES.

En effet, les empereurs romains continuaient bien après l’antiquité à promouvoir ce système dde la cité puisqu’elle permet à des régions éloignées de s’autogérer et donc de faciliter la gestion de l’Empire. Malgré la création de provinces romaines, partout continuaient à exister des cités à la grecque. Elles continuaient à organiser elles-mêmes leur politique intérieure alors que la politique extérieure est aux mains de l’Empire romain, comme l’est aujourd’hui l’autorité établie par l’ancien colonisateur français à Alger.
En conclusion, si les grecs s’accommodaient bien de l’empire romain, ceci expliquerait-il la condition similaire pronée par les villages kabyles d’aujourd’hui ?

Comme épilogue, c’est d’ailleurs cette profonde ressemblance qui a fait dire à ALBERT CAMUS :
« …Quand on aborde les premières pentes de la Kabylie, à voir ces petits villages groupés autour de points naturels, ces hommes drapés de laine blanche, ces chemins bordés d’oliviers, de figuiers et de cactus, cette simplicité enfin de la vie et du paysage comme cet accord entre l’homme et sa terre, on ne peut s’empêcher de penser à la Grèce.
Et si l’on songe à ce que l’on sait du peuple kabyle, sa fierté, la vie de ces villages farouchement indépendants, la constitution qu’ils se sont donnée (une des plus démocratiques qui soit), leur juridiction enfin qui n’a jamais prévu de peine de prison tant l’amour de ce peuple pour la liberté est grand, alors la ressemblance se fait plus forte et l’on comprend la sympathie instinctive qu’on peut vouer à ces hommes. »
Albert Camus, « La Kabylie La Grèce en haillons », Alger Républicain, le 5 juin 1939.

Dahman at Ali

P.S. Je note pour finir, que le terme « POLITIQUE » est un dérivé substantif de POLIS, bien justement !
D’aucuns disent que les Kabyles font trop de « Politique ». On serait tenté de òeur rétorquer : Parce bien justement, ils sont Kabyles, !

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