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Commentaire de Zwitt : Du nationalisme Kabyle partie 2

Proposé par rédaction isallan

Les 128 martyrs du Printemps Noir nous ont laissé un message écrit avec le sang : Liberté ! je m’incline ici à la mémoire de Kamal IRCHEN qui, avant d’être achevé par un sniper algérien, trouva le courage mais surtout la rage nécessaire pour écrire avec son sang le mot liberté sur un mur.

En cette funeste période, la haine du kabyle a atteint son paroxysme. L’anti -kabylisme de l’Algérie s’est exprimé dans sa monstruosité la plus abjecte. Assassinat, vol, viole, insulte et brimades…Les corps constitués algériens se sont comportés comme de véritables forces d’occupation: C’est ce qu’ils sont vraiment !

Pourtant, la création d’un mouvement autonomiste en Kabylie suscita à la fois de l’espoir et des craintes en ce printemps 2001.
Sous les balles assassines des Arabes, c’est la première fois depuis 1871 que la Kabylie semble vouloir se prendre en charge elle-même. Cet appel à l’autonomie de la Kabylie redonna et réanima , en bon nombre de militants, la braise que nous croyons à jamais éteinte.
Les militants désabusés par les multiples reniements et félonie de ceux qui se proclament encore comme les portes drapeau de notre cause, mais qui en réalité ne se servaient de Tamazight que comme strapontin pour atteindre leurs vils objectifs. Ce mouvement allait donc redonner le courage et l’espoir nécessaires pour rêver et espérer des lendemains heureux.
Nos appréhensions venaient au-delà du traditionnel cauchemar Kabyle, à savoir que cette initiative ne serait pas un nouveau stratagème du pouvoir pour mener la Kabylie et les Kabyles vers le chaos.

Nous craignons aussi que la proclamation de l’autonomie de la Kabylie soit vécue par les autres berbérophones non seulement en Algérie mais dans toute Tamazgha comme une trahison. Car depuis de longue date, la Kabylie à son corps défendant et parfois malgré elle fut le fer de lance de la revendication identitaire.
Occupés en ce temps-là à compter nos mort et à panser nos blessures, mais et surtout éblouis par le chant des sirènes des CADC et consorts, nous avons accroché tous nos espoirs à une plate forme obture et têtue.Hélas, encore une fois nous avons immolé nos rêves sur l’autel des vanités de certains énergumènes qui ont marchandé nos morts et monnayé notre sang.
Nous avons été choqués d’entendre et de lire l’expression « peuple Kabyle » nous nous sommes empressés de répondre à ceux qui ont voulu nous soutenir et nous épauler qu’en Algérie, il n’existe qu’un seul peuple, les Algériens. Aveuglés que nous étions  par un nationalisme obsolète , nous nous considérons algériens alors que ce que nous désirons comme compatriotes nous regardent comme Kabyles et ne cessent d’oeuvrer pour  notre  élimination  et  notre  disparition.

Rares sont donc ceux qui ont répondu dés le départ à l’appel, rares ceux qui ont voulu croire que pour « aller vers le monde, il faille démarrer de chez soi »

Le mouvement nationaliste kabyle décrié et moqué à ses débuts, a d’année en année, d’action en action, acquis une légitimité et prit des dimensions difficilement contestables. Il a amené les adversaires politiques et naturels de la nation Kabyle à intégrer le « concept » Kabyle dans leurs équations et dans leurs calculs . Le FFS qui se dit continuateur du mouvement national (adepte de l’Etat-Nation) parle de plus en plus de la nécessité de décentraliser et de confier aux régions les décisions de gestion… je ne vous parle pas du RCD et son cliptoparasitisme politique à l’égard du Mouvement Kabyle. Même l’État algérien n’est pas resté insensible. Toutes les concessions faites dans le sens du règlement de la question identitaire n’ont été consenties que dans  l’optique de faire barrage au nationalisme Kabyle. il parle même d’un peuple Kabyle, avant même que les Kabyles non pratiquants n’utilisent ce vocable.
Dix années après les balles explosives des arabes et alors que nous avons oublié le fait même d’être un peuple et une nation, une evidence est née: Il nous faut un État !

Les Kabyles sont une espèce en voie de disparition, Il nous faut un État ! il faut réagir, Il nous faut un État car, il y va de notre survie.

Zwitt Rwitt

A suivre

Notes à qui cela intéresse : Mon précédent texte comme le présent et certainement ceux qui vont suivre dans cette série consacrée au Nationalisme Kabyle sont le résultats de discussions avec deux amis Lwennas et Muhend.
A signaler aussi l’apport de mon ami Afalku qui ,au prix de terribles maux de tête, parvient à chaque fois à  rendre mes textes lisibles.

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rédaction isallan