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DE MAL EN PIS.

DE MAL EN PIS.

 Je le sais. A ce rythme, je risque de passer pour un obsessionnel traqueur des propos d’Idir ! D’ailleurs, ne serait-il pas le but recherché quand il y a autant de bourdes en si peu de temps ? Qu’importe, il serait quand même incongru de laisser passer, cette fois-ci encore, l’entretien qu’il a accordé à « Le Point Afrique », le 12 novembre dernier (Propos recueillis par Hassina Mechaï). 

Qu’il soit bien clair, cette réaction ne reviendra pas sur ce qui s’est passé ces derniers mois. Elle ne portera pas non plus sur l’intégralité de ce dernier entretien qui, hélas, regorge de déni et de sous-entendus qui révèlent un Idir présomptueux sur les flans et en bute à une forme d’aigreur profonde ; un parfait contraste avec l’angélisme affiché à chaque tournant. 

Ceci est donc une succincte et ultime réaction qui se limite à une seule et unique phase de l’entretien ; une question de Hassina Mechaï et, surtout, une réponse de Idir (Voir illustration) qui résume toute la détresse d’un homme qui botte en touche, qui semble perdre pied là où il se dit maître de ses actes, un homme qui, tout en se disant, dans le même entretien, n’être « qu’un gratteur de guitare », ne s’érige pas moins en détenteur exclusif de la délicatesse face aux tenants de « l’orgueil et de l’agressivité », face « aux généraux de brigade » qui ne cherchent évidemment pas, comme lui, « l’amour de leur langue, de leur terre et de leur pays » où, pourtant et contrairement à lui, ils y ont vécu, lutté, célébré cette langue, chanté cette terre et subi l’innommable dans leur chair et dans leur âme. 

Ainsi et à une question où Matoub Lounès (entre autres) est cité, Idir réplique avec ces mots : « Qu’on tente de donner un titre de rebelle ou de héros à X ou Y, cela ne m’intéresse pas ». Le summum de la perfidie est atteint sans crier gare. Pour autant, est-ce de l’agressivité ou carrément de la mauvaise foi que d’être outré par cette réponse que rien n’explique, que rien ne justifie et qui, comme tout le monde peut le constater, est tout sauf innocente ? Certains y voient, à juste titre d’ailleurs, de l’acharnement et ce, au vu des propos dédaigneux puisés dans la même veine, tenus sur le plateau d’une chaîne-dépotoir dont le nom ne risque surement pas de venir polluer cet espace.

Sans trop vouloir m’ériger, à mon tour, en donneur de leçons sur la manière de communiquer en public, n’était-il pas mieux inspiré de répondre autrement, en expliquant simplement et clairement que la qualité de héros ne l’intéressait pas, que de toute manière, on ne pouvait pas être tous des héros et que, finalement, l’essentiel est d’être soi-même et sincère avec les autres. Une telle réponse aurait été plus subtile et moins clivante car, c’est justement cette image-là qu’il tente instamment de renvoyer de lui-même depuis toujours. Une aura mystique qui semble s’effilocher et se désagréger au premier courant d’air de l’automne de sa vie… car, pour le reste, qu’il le sache (d’autres avec lui) une bonne fois pour toute : personne ne tente de donner le titre de rebelle et de héros à Matoub Lounès et à nul autre. Être rebelle et héros ne se décrète pas, ne se donne pas. On l’est ou on ne l’est pas. Or, Matoub Lounès, de son vivant, était, à chaque frémissement de l’univers, le rebelle par excellence. Qui peut contester une telle réalité ? Son parcours, légendaire et unique, d’homme, de militant, d’artiste… explique bien des dépits mais aussi, son trône au sommet de l’Olympe de l’histoire réservé aux héros éternels. S’en prendre à un tel galactique, c’est prendre le risque icarien de se brûler les ailes en plein vol. 

Tout compte fait, Idir est, à bien des égards, un cas troublant. Et pour cause, rien, mais alors rien du tout ne l’oblige à se tirer autant de balles dans le pied. Il peut parfaitement faire tout ce qu’il a envie de faire, s’afficher avec tous les piteux de la Terre et même faire, autant qu’il voudra, l’éloge du non sens, mais, pourquoi diantre ne pas faire l’économie de toutes ces flèches empoisonnées qu’il envoie, à tour de bras, en direction des siens, notamment en direction d’un absent qu’il a lui-même vénéré par le passé ; un absent qui ne peut répondre désormais, mais dont la dimension est suffisamment cosmique pour se retrouver illico dans une mauvaise passe où la suspicion et le risible constituent l’unique moisson… D’aucuns l’ont vérifié à leurs dépens. Autrement dit, quelles sont les raisons profondes de son entêtement dans une trajectoire qu’on ne lui connaissait pas jusque-là et qui, manifestement, l’enfonce au fur et à mesure ?

Allas DI TLELLI

15/11/2017

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