Erudition scientifique kabyle : 1-Afniq n Ccix Lmuhub

manuscrit kabyle

Les manuscrits de Lmuhub Ulahbib, communément appelés, Afniq n cccix Lmuhub, ne sont à ce jour connus que de quelques scientifiques et chercheurs berbéristes. Riches, étonnamment variés, ces manuscrits écrits et collectionnés au milieu du XIXe siècle, par un érudit Kabyle, cheikh Lmuhub Ulahbib, est l’une des bibliothèques privées les plus importantes en son époque de toute l’Afrique du Nord.

Les manuscrits de cette collection, écrits en arabe et en kabyle touchant à tous les aspects du savoir montrent la boulimie scientifique du Cheikh et son esprit encyclopédique. Les documentalistes qui se sont intéressés jusque –là, à cette bibliothèque, pensent que les manuscrits de langue kabyle et de mathématiques sont de loin les plus importants.

Constituée au départ de quelque mille ouvrages, il ne reste aujourd’hui, de cette précieuse bibliothèque 570 ouvrages dont seulement 250 sont complets. Pluridisciplinaires, les manuscrits qui composent cette bibliothèque touchent quasiment à toutes les disciplines scientifiques et littéraires. Histoire et biobibliographie, Science du calcul, Algèbre et Géométrie, science des Héritages, Astronomie, Astrologie, Jurisprudence, Droit, Médecine et Science de la nature, Disciplines Linguistiques, Littérature et Poésie, Philosophie, … On y a répertorié quelque vingt-trois disciplines et d’autres ouvrages d’importance mineure touchant aux sciences occultes, aux calendriers, à la correspondance, aux actes notariaux…etc.

Sauvée d’une destruction totale par un incendie provoqué par l’armée française, en 1957, cette bibliothèque laissée à l’usure du temps, ne doit son existence qu’aux efforts d’un héritier qui, depuis 1985, date du rassemblement des pièces dispersées de cette collection, dépoussière, arrange, catalogue, analyse…pour redonner vie à ces documents inestimables.

Ainsi, n’auraient été l’archiviste et codicologue Mechehed Djamel -Eddine, héritier et responsable actuel de cette bibliothèque et l’association GEHIMAB (Groupe d’Etudes et de recherches sur les Mathématiques à Bougie), le nom de Lmuhub Ulahbib et sa collection seraient certainement totalement tombés pour toujours dans l’oubli. Acheminée à Bejaia, en 1994, grâce au concours de l’association GEHIMAB, cette collection qui est mise actuellement à la disposition de tous les spécialistes, reste malheureusement inconnue du large public.

Fenêtre permettant de faire une incursion intellectuelle dans la vie des siècles passés, de découvrir les travaux d’érudition n de la Kabylie, les manuscrits de Lmuhub Ulahbib doivent impérativement être édités graduellement pour les  » démocratiser « . Le cheikh lui-même en a fait une de ses exigences :  » Mes ouvrages (…) rédigés, copiés ou achetés (…) doivent servir à ceux qui possèdent des connaissances et à ceux qui recherchent le savoir, et j’interdis tout ajout ou rature « , note-t-il de sa propre main.

 

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