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Jeux en Kabylie au début du XXe siècle

Jeux en Kabylie au début du XXe siècle

A partir de cette semaine nous allons publier la liste et la discription des jeux pratiqués jadis par les enfants en pays Kabyle. Il s’agit du texte ecrit par Boulifa au debut du siècle passé, traduit et repris parle professeur Salem Chaker dans L’ENCYCLOPÉDIE BERBÈRE

1. Čiwčiw

Ce sont les tout petits enfants qui jouent au jeu de « cotcot poulet », ceux qui ne parlent pas encore très bien et ne sortent pas sur la place publique pour jouer avec les autres enfants. L’enfant qui veut jouer à cotcot poulet s’adresse à sa mère, sa grand-mère ou sa grande sœur, se tient debout devant elle et lui tend ses menottes en lui disant : « Jouons à čiwčiw ! » Elle se tourne vers lui, lui prend les menottes qu’il a posées l’une sur l’autre, elle les soulève et les rabaisse tour à tour en disant :

Cot-cot poulet

Blanc de la queue

Dis-moi où tu as passé la nuit

– Dans le caniveau au froid

Prends les chevreaux

Pose les chevreaux

Dans la prairie aux fleurs

Saïd* est venu et les a cachés Le chacal est venu et les a mangés Frrr !

* Ici la mère dit le nom de son enfant qui peut être autre que celui de Saïd. En terminant, il faut lâcher brusquement les mains de l’enfant qui, avec l’onomatopée frrr (bruissement des ailes) ne manque pas de rire aux éclats.

2. « L’un le fait cuire, l’autre le mange… »

Ce jeu fait référence à l’histoire de l’œuf qui n’est pas mangé par celui qui l’a pondu. On y joue pour faire rire les enfants. Certains l’appellent « L’œuf de Mère-grand ». Voici comment on y joue : la mère tient la menotte de son fils avec sa main gauche ; elle lui demande de bien déplier ses cinq doigts. Elle commence alors à lui replier les doigts un par un avec sa main droite. Elle raconte, pour chaque doigt, ce qui lui est arrivé et ce qu’il a fait ; en commençant par le petit doigt, elle dit :

« Voici mon histoire à propos de l’œuf de Mère-grand :

Celui-ci l’a trouvé

Celui-ci l’a fait cuire

Celui-ci l’a écaillé

Celui-ci l’a mangé

Celui-ci a dit : Mère-grand, où est ma part ?

Et elle répond alors :

Ta part est dans une cavité

La cavité est sous l’épaule

Approche-t-en doucement, doucement…

Et voilà, guili-guili ! »

Quand la maman commence à dire « Approche-t-en doucement, doucement », elle déplace ses doigts sur le petit bras de son enfant ; cela chatouille l’enfant qui rit et quand elle arrive près de l’épaule, elle le chatouille sous l’aisselle ; alors l’enfant éclate de rire et rit jusqu’à ce qu’elle le lâche.

Si la maman veut le chatouiller dans le cou, à la question : « Mère-grand, où est ma part ? », elle répond :

« Ta part est posée dans la louche

Un rat est venu et l’a emportée

Il s’est sauvé jusqu’au toit et l’a posée

Le voilà, le voilà dans la poutre maîtresse, oh il l’a emportée ! »

Quand l’enfant lève sa petite tête pour regarder (vers la poutre maîtresse du toit), la maman le chatouille dans le cou.

S.A. Boulifa

Traducteur : S. Chaker

http://encyclopedieberbere.revues.org/1503

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