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kabyles, levons-nous ! Kabyles, unissons-nous !

kabyles, levons-nous ! Kabyles, unissons-nous !

Je veux attirer l’attention de tous qu’il est hautement sage de déjouer, dès le début, les manœuvres possibles de ceux qui voudraient profiter de nos rivalités politiques apparentes pour nous opposer les uns aux autres et retarder ainsi notre libération du régime colonialiste.

Ces divisions, sur lesquelles s’est toujours appuyé le pouvoir coloniale pour mieux asseoir sa domination, ont largement contribué -et elles contribuent encore -au suicide de la kabylie.

Nous avons au contraire, le respect des personnes et le sens du bien d’autrui. Notre seule détermination -et nous voudrions que l’on nous comprenne -est d’extirper le colonialisme. Nous avons longtemps souffert et nous voulons respirer aujourd’hui l’air de la liberté. Le Créateur nous a donné cette portion de la terre qu’est la kabylie; elle nous appartient et nous en sommes les seuls maîtres. C’est notre droit de faire de cette kabylie un État de la justice, du droit et de la paix.

La kabylie toute entière est irrésistiblement engagée dans une lutte sans merci contre le colonialisme. Nous voulons dire adieu à ce régime d’assujetissement et d’abâtardissement qui nous a fait tant de tort.

« A vous tous, mes amis qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce combat un combat que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos cœurs, un combat que enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour l’indépendance, car cette indépendance de la Kabylie si elle est proclamée aujourd’hui , demain nul kabyle digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang. C’est une lutte qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage, qui nous était imposé par la force

En effet , l’indépendance kabyle tant souhaitée aujourd’hui par tous kabyle digne de son nom , ne sera possible et ne pourra se réaliser que si les hommes politiques et les dirigeants de notre république kabyle ainsi que tous les militants, font preuve d’un esprit de solidarité, de concorde et de collaboration fraternelle dans la poursuite du bien commun du peuple kabyles .

Et surtout le rassemblement de tous les kabyles au sein du mouvement indépendantiste s’impose.

Une véritable démocratie fonctionnera à l’intérieur de ce mouvement et chacun aura la satisfaction d’exprimer librement ses opinions.

Un double effort doit être fait pour hâter l’industrialisation de nos régions et le développement économique de la kabylie.

Sur le plan culturel, nous devrions faire un sérieux effort pour développer la culture kabyle. Nous avons une culture propre, des valeurs morales et artistiques inestimables, un code de savoir-vivre et des modes de vie propres. Toutes ces beautés kabyles doivent être développées et préservées avec jalousie.

Des efforts sont aussi à faire pour la libération psychologique. On constate chez beaucoup d’intellectuels, un certain conformisme dont on connaît les origines.

Ce conformisme provient des pressions morales et des mesures de représailles qu’on a souvent exercées sur les intellectuels kabyles. Il suffisait de dire la vérité pour que l’on fut vite taxé de révolutionnaire dangereux, xénophobe, meneur, élément à surveiller, etc.

Ces manœuvres d’intimidation et de corruption morale doivent prendre fin. Il nous faut de la véritable littérature et une presse libre dégageant l’opinion du peuple.

Ce que fut notre sort en 161 ans de régime colonialiste ( entre le colonialisme français et Algérien [1857-2018] ), nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire.

Nous avons connu le travail harassant en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des militants kabyles.

Ces divisions, sur lesquelles s’est toujours appuyé les le pouvoir coloniale pour mieux asseoir sa domination, ont largement contribué -et elles contribuent encore -au suicide de la kabylie.

Nous avons connu nos terres spoliées, brûlées. Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou, croyances religieuses : exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort même.

Qui oubliera, enfin, les fusillades où périrent tant de nos frères, ou les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient pas se soumettre à un régime d’injustices.

Pour conclure :

kabyles, levons-nous !

Kabyles, unissons-nous !

Kabyles, marchons main dans la main avec ceux qui veulent nous aider pour faire de cette belle kabylie un État de la liberté et de la justice. »

Lounes Ath Si Said

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