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Katia YAKOUBI: On devrait parler plus de ce qui nous rassemble que l’inverse…

Proposé par rédaction isallan

Arrivée, en France, à l’âge de 03 ans Katia YAKOUBI, originaire de Kabylie, revient dans cette interview sur son aventure en politique, sa candidature aux élections législatives dernières, ses projets politiques et la vision qu’elle porte sur l’immigration. 

ISALLAN:  Bonjour, merci de nous avoir accordé cette interview ! Pour commencer qui est la jeune militante Katia YAKOUBI ?

Katia YAKOUBI: Je m’appelle Katia YAKOUBI, j’ai 30 ans je suis conseillère en économie sociale et familiale. Je suis d’origine Kabyle, et j’habite à Marseille dans le 15 -ème arrondissement depuis mon arrivée en France. Je suis née en Algérie, et je suis venue ici à l’âge de 3 ans pour des questions de soins concernant mes parents. Et puis après nous avons décidé de rester. Nous avons attendu 10 ans pour être régularisés.

L’amour de mon quartier et le fait que je souhaite une meilleure société pour nos habitants. Une société humaniste et non libérale qui frôle avec le capitalisme. Les humains avant l’argent.

Vous étiez candidate aux élections législatives Française de 2017, 07 -ème circonscription des Bouches-de-Rôhne. Comment est venue l’idée de vous présenter aux élections ou qu’elles étaient less motivations qui vous ont poussées à cette candidature ? 

J’ai anticipé l’abstention de nos habitants et le dégoût qu’ils avaient pour les partis politiques. C’est pour ça mon slogan était  » au-delà des étiquettes politiques ».

Vous êtes, le produit de l’émigration, de ceux qui résistaient aux déracinements et de ceux qui luttaient pour l’intégration. Est-ce que, la prise de conscience et l’engagement politique permettra à l’Homme de dépasser cette forclusion et bâtir une société humaine loin de toutes formes de clivages ethnique, religieux ou autre ? 

Je n’aime pas ce terme « produit de l’émigration ». Je ne suis pas un produit. Quand je suis en Algérie, je suis une immigrée et quand je suis en France, je le suis aussi pour certains. Où est donc ma place ? On doit arrêter avec ces appellations qui font que certaines personnes ne se définissent que comme telle. Je pense que la politique devrait être un outil de conscientisation pour aspirer à réunir la population au-delà de sa religion, sa couleur de peau, son origine, mais faire en sorte que les citoyens se réunissent autour de la solidarité, la fraternité et l’amour du pays et du monde ! Car dans une population peu importe dans quel pays on l’on se trouve, il y a des gens différents ! On devrait parler plus de ce qui nous rassemble que l’inverse, la différence est aussi une richesse et il ne faut pas la nier mais la valoriser. Vous imaginez un pays où tout le monde est pareil ? Il serait triste, non ?

 En France les enfants d’immigrés doivent se sentir fiers de leur binationalité, la France est leur pays et ils doivent en être fier. Ils ont leur place entière ici. La France a besoin d’eux, ce sont des enfants de la patrie. Et ils ne sont pas des produits de l’émigration mais des patriotes aux diverses origines, religions, etc… 

Voilà la politique que je compte mener, dans les quartiers populaires, plus précisément ! Au service du peuple au-delà des étiquettes politiques , des nationalités, religions ou autres. Un humain reste un humain ; je ne fais aucune différence entre les habitants du quartier même si je sais que chaque personne est unique en son genre. Ma seule préoccupation leur bienêtre !

L’immigré a toujours été comme un soldat dans l’armée de réserve aux moments de besoin et comme un bouc émissaire aux périodes de crises. Aujourd’hui, chacun culpabilise l’autre, entre ceux qui préconisent le manque d’un effort d’intégration dans la société française et de l’autre côté, ceux qui formulent une autre hypothèse selon laquelle l’état, joue un rôle discriminatoire, et qu’il n’a pas fourni aux populations qui viennent s’installer en France les moyens nécessaires pour s’intégrer. Que pense Katia YAKOUBI de cette problématique ? 

Je ne nie aucune des deux problématiques citées.  Dans les deux cas, il y a ces difficultés qui sont bien présentes.

Il y a des personnes pour qui l’intégration est plus difficile que d’autres, car pour elles c’est renier leur propre identité. Enfin c’est ce qu’on leur fait comprendre et à nous de leur montrer que derrière ce grand mot, il est juste question de respecter les lois de la République et non de se renier. La France c’est la liberté, l’égalité et la fraternité pour tous les Hommes ! Ensuite, il y a une loi qui permet à chacun de vivre sans imposer à l’autre nos coutumes, notre religion ou autre chose, car la liberté de chacun s’arrête où commence celle des autres, non ? C’est la loi de la laïcité, et certains représentants de l’Etat interprètent cette loi, comme étant un code de bonne conduite pour une identité à la Française ! Et ça ne passe pas ! Car des personnes se sentent rejetées et les plus fragiles d’entre elles peuvent être dans des états de démoralisation très avancés au point qu’elles rejettent même les codes du pays et de s’enferment dans un repli identitaire qui peut être dangereux pour elle et la société.

L’intégration de ces personnes passe par la loi de la laïcité, le partage, la solidarité, l’égalité des territoires et l’ arrêt immédiat des stigmatisations ! Les représentants politiques doivent parler des vrais problèmes dans le pays ! Être plus proche du peuple avec des actions concrètes sur le terrain. Voilà comment je conçois la politique !

Parlez-nous un peu de vous projets d’avenir et de vos ambitions, en politique évidement ?

Je souhaite m’investir avec la France Insoumise dans les quartiers populaires de ma ville, dans un premier temps, sur des actions de terrain qui répondent aux difficultés de la population.

Il existe des solutions aux difficultés que les gens eux-mêmes peuvent trouver. Il faut aider cette population à le faire. 

Nous sommes la circonscription de France ou il y a eu un taux d’abstention le plus élevé : 73%.C est énorme ! Alors que la politique et ce qui en découle, fait partie de nos vies de tous les jours. Les lois votées ont des conséquences directes sur nos vies.

Alors, chacun devrait se sentir concerne. J’aimerais que les gens aillent donner leur voix à chaque élections. Ne pas aller voter c’est laisser les autres choisir à sa place.

La loi du travail qui va arriver, vous pensez que les gens sont d’accord ? La fin des contrats aidés, la baisse des APL? Je ne pense pas que la population soit satisfaite de la politique menée depuis 30 ans, il faut changer de politique pour un monde plus juste et plus humain. Ma politique est humaniste et elle se fait sur le terrain avec des actions concrètes à la rencontre des personnes de tous horizons !

Un mot de la fin, particulièrement à nos lecteurs, qui sont en grande partie , Kabyles.

Un mot de fin, je salue vos lecteurs. Azul fellawen d ameqqran , je vous souhaite du bonheur à chaque instant dans vos vies et le bonheur est fait de petites choses , il est à la portée de tous , il suffit de voir la vie du bon côté…jaghawen lehna. 

Entretien réalisé par : Amar BENHAMOUCHE

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