La fable de la femme

La fable de la femme

Elle vivait tranquillement son âge, bien dans sa peau si douce sur ses os. Elle prenait bien soin de son petit jardin, elle l’entretenait plus que sa propre personne que tout le voisinage l’enviait, car il ne la regardait pas elle, qui se décomposait en cultivant ses plants.

Un jour, un albatros lui déclara :

-savez- vous madame que grâce à vous ces terres sont si belles 


– Arrêtezdonc de vous moquer de moi, je ne suis plus en âge de croire aux histoires à dormir debout, déjà que j’ai du mal à dormir allongée !!

-Mes plus belles plumes à donner que sans vous Tazemmurt s’arracherait de ses racines !

Elle se sentit soudainement prise d’orgueil et d’euphorie, elle croyait ainsi reprendre sa revanche sur le temps qui, une fois avoir fini de parer les êtres des plus belles choses, il repasse pour n’en laisser que des loques misérables.


Elle se laissa bercer par l’air doux du son de ses paroles, et sans se rendre compte, la nuit se faufila sur elle. Le silence faisant écho, elle appela jusqu’à perdre haleine…Elle essaya alors de se relever pour reprendre son bonhomme de chemin, mais elle avait si mal qu’elle n’arrivait plus à bouger…s’asseoir sur ses rêves et se laisser ainsi berner…Elle sentit le froid de la laideur taquiner ses narines. La mort la pénétra d’abord par ses crevasses, s’empara ensuite de la sève qui la maintenait en vie, elle commença à faiblir et à sombrer…Qu’a-t-elle fait donc de ses jours ? Elle avait tout simplement oublié de vivre ! c’est ainsi qu’elle devint cette proie que même les fauves les plus fainéants boudent !

Elle mourut de chagrin, ses derniers mots furent le murmure de ses larmes :

Pourquoi ? Sois maudit misérable rapace qui m’a achevée sans prendre ma carcasse !


Hassi

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