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L’AUTRE COMBAT: Emancipation de la femme kabyle.

L’AUTRE COMBAT: Emancipation de la femme kabyle.

Si à travers ces écrits informels je défends la matrice génitrice qui m’a secrété, est-ce délictuel?

J’assume les tares comme j’assume sans rougir, loin s’en faut, son histoire qui l’a façonnée sans jamais sombrer dans l’autoflagellation dans lequel excelle surtout les transfuges culturels et identitaires dont je ne fais pas partie.

J’assume une partie de la charge et j’essaie du mieux que je peux combattre le sous-développement dans lequel s’est empêtré mon pays, comme je clame les vertus de ma société génitrice sans nulle exaltation. Cela dit, je n’en tire ni gloire (je n’ai aucun mérite à prévaloir pour être né kabyle!) et je n’en suis nullement accablé, bien au contraire. Dieu me préserve autant de l’orgueil que du fatalisme, ces avatars insidieux du paganisme.

Mais ne sortons pas du sujet. Savez-vous qu’avant l’irruption de l’islam en Kabylie, la femme kabyle guidait et commandait tout le peuple au même titre que son frère homme et qu’elle siégeait de plein droit dans les assemblées villageoises kabyles exactement au même titre que ses frères hommes ? Savez-vous (il faut relire Ibn Khaldun, « Histoire des Berbères » pour le savoir) qu’au XIII° siècle toute la Kabylie, depuis Mila jusqu’à l’ouest de Damous, Béni Houa (oui « Damous » qui veut dire en kabyle une grotte) et au sud jusqu’à Berrouaguia (qui veut dire en kabyle « Abarwaq » : Asphodèle) était représentée par une femme nommée Chimci. Vers 1335 elle allait régler un contentieux frontalier avec son voisin, le royaume Mérinide établi à l’Ouest, à la cours du Roi Mérinide Abu Al-Hacène. Chimci s’était assurée l’autorité de parler au nom des Kabyles par l’entremise de ses 10 enfants. Comme vous savez certainement que ce fut Fadma N Sumer, le premier général femme de l’histoire de l’Algérie, qui commanda les armées de combattants kabyles pour affronter l’invasion des armées coloniales françaises en 1857 dans les batailles d’Icerriden. Vous savez aussi, qu’à l’inverse de l’Emir Abdelkader, Fadhma N Sumer n’a jamais capitulé devant l’ennemi ?

Vous savez tout cela car je vous sais intelligents, et cependant vous ne vous posez pas la question lancinante : Pourquoi aujourd’hui la femme kabyle est réduite à son ombre, l’ombre de son ombre et encore ?

Ainsi, vous vous en doutez, l’autre combat, serait celui de l’émancipation de la femme kabyle. C’est celui que nous esquivons le plus, car son issue dépend uniquement de nous !

Alors, disons-nous le clairement: Qu’est-ce que Dieu aurait ôté à la femme kabyle pour qu’elle ne put participer, à l’égal de l’homme, à délibérer dans Tajmayt, l’assemblée de la communauté villageoise kabyle?
En oubliant un instant les rigueurs irrationnelles de l’Islam dogmatique, les sévices et les vicissitudes de l’histoire nationale kabyle de ces 4 derniers siècles, cependant répondons, mais motivons nos réponses, en regardant nos mères, nos femmes, nos sœurs et nos filles, dans les yeux !

Dahman At Ali

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