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Le berbérisme, en finir avec les mythes

Le berbérisme, en finir avec les mythes

Le berbérisme est contrairement à ce que puisse nous faire penser le suffixe « isme »,  n’a jamais constitué une idéologie ni même un courant de pensée. Il est né en réaction des Kabyles à l’arabo-islamisme vers lequel se convertirent les dirigeants du nationalisme algériens. En effet, dans un rapport adressé à l’ONU, ces derniers ont fait remonter l’histoire de ce « pays » aux invasions arabo-islamique de l’Afrique du Nord. Dès lors tous ceux qui ne partageaient pas les orientations idéologiques du nationalisme algérien de plus en plus arabiste étaient catalogués dans le registre berbériste. Il y avait autant de berbérisme, qu’il y avait d’opposants à l’idéologie dominante. 

Soucieux de garder intacte l’unité des rangs au sein du mouvement nationaliste algérien, les kabyles ont décrété que les habitants de l’Afrique du Nord sont de descendance Amazighe, dont certains sont arabisé par l’Islam ! Peu importe donc la langue avec laquelle nous nous exprimons, nous sommes tous des Algériens. Sacrifiant ainsi le nationalisme Kabyle pour que naisse le nationalisme algérien qui pour la petite histoire œuvrera dès sa naissance à l’annihilation de tout ce qui est kabyle.

Le berbérisme n’est, donc, en vérité qu’une affaire Kabylo-Algerienne, une quête d’une coexistence pacifique entre deux peuples distincts que les aléas de l’histoire ont fait réunir. 

Dans le souci d’avoir un avenir commun, des hommes et des femmes sont allés déterrer l’histoire pour constituer un passé dont les uns et les autres puissent en être fiers. Inventer une langue pour consolider le future. Un socle solide sur lequel se poseront tous les idéaux de liberté, de justice et d’égalité. Une Algérie plurielle sans distinction de race ou de religion.

Nous assisterons alors à un dialogue de sourds entre deux peuples dont la survie de l’un dépend de la disparition de l’autre. La nation algérienne et la souveraineté qui en découle, pour qu’elle soit pleine et entière, ne saurait souffrir de l’existence en son sein d’entité n’ayant pas le même passé ni et surtout le même regard sur l’avenir, les kabyles doivent donc disparaître ! De leur côté ces derniers soucieux de la survie de leur langue, culture et identité ont fini par comprendre que pour y parvenir, il fallait s’assumer et prendre leur destin en main. A partir de là, le combat de la Kabylie n’est plus une quête de reconnaissance en tant que composante d’un ensemble national  mais de s’affirmer comme un ensemble distinct dans l’espace géopolitique nord-africain.

Indépendante jusqu’à 1871, la Kabylie fait le choix de s’allier avec les autres peuples dans une union sacrée pour bouter les français non seulement hors de l’Algérie mais de toute l’Afrique du Nord. Depuis la fondation de l’ENA jusqu’au départ de la France, les kabyles se sont engagés avec passion au point de s’oublier en tant que peuple.

En réalité bien avant l’indépendance pour être algériens, il était demandé aux kabyles de renoncer à leur kabylité. Depuis l’indépendance ils sont des citoyens entièrement à part dans cette Algérie qu’ils ont libéré.  Aux yeux des kabyles l’Algérie s’est substituée à la France dans les villes et les villages. Quand tous ceux qui représentent l’Etat, est arabophone ou feint de l’être (juge, procureur, gendarme, policier…), quand l’autorité parle au citoyen dans  une langue qui n’est pas la sienne, quand ses papiers sont écrit dans une langue étrangère, si ce n’est pas du colonialisme, il faut bien se demander ce que c’est ? Dans chaque crête de Kabylie, dans chaque carrefour de ce beau pays, ils placent un campement de gendarmes et de militaires. Même au temps les plus sanglants du terrorisme, il n’a pas été vu autant d’hommes en kaki sur le sol Kabyle. Si ce n’est pas une occupation militaire, il faut bien se demander ce que c’est ? Alors à l’instar de tous les peuples du Monde, le peuple Kabyle a droit, d’être libre, à une existence propre, un pays, un Etat.

Ceux qui veulent nous faire croire que ce qui nous arrive comme malheur nous vient uniquement de l’iniquité et de l’incurie du Pouvoir;  qu’il nous suffit juste de changer le système ou de système pour que les choses aillent au plus mieux.  Ceux qui veulent ressusciter le mythe d’une Algérie algérienne unie et indivisible reconciliée avec son histoire. Ne pourront rien devant le peuple Kabyle qui est déterminé sur le chemin du recouvrement de sa liberté et de sa dignité bafouée depuis 1857. Leurs tentatives de freiner l’avancée du nationalisme kabyle au nom d’un berbérisme surannée et d’un nationalisme qui n’a plus raison d’exister sont pour paraphraser Houellebecq une tentative désespérée d’algérianistes pourrissants en état de mort clinique pour se hisser en dehors des poubelles de l’histoire en s’opposant aux forces montantes du nationalisme kabyle

Amnay at Sedqa

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