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Leo FROBENIUS : La civilisation des Kabyles

Leo FROBENIUS : La civilisation des Kabyles

La mentalité berbère est encore si vivace chez les Kabyles, que malgré toutes les influences étrangères elle est demeurée fidèle à son essence et à son principe. Et ceci ne s’applique pas seulement aux formes d’expression de la civilisation comme celles que j’ai décrites jusqu’ici ; cela vaut aussi pour la vie sociale ; et pourtant, considérée du point de vue purement extérieur, c’est elle qui a été le plus exposée aux influences transformatrices de l’Islam. L’Islam, et sa législation créatrice de formes, sont prédominantes, leur emprise n’est pas relative, mais absolue. C’est ce qu’ont bien montré Hanoteau et Letourneux dans «La Kabylie et les coutumes kabyles». Mais elles ne sont prédominantes qu’en tant que formes, ce ne sont que des outils et non pas du contenu.

Tout le système social des Kabyles repose sur le principe de la division patriarcale en clans. Le clan comprend tous les descendants mâles d’une lignée mâle, soit le grand-père, le père et ses frères, les fils et leurs cousins issus des frères du père, etc. Sont comprises également dans le clan, bien que sans aucuns droits, toutes les femmes qui y sont entrées par alliance, mais jamais leurs frères, pères etc. Comme toutes les femmes sont à priori sans droits, le clan ne se compose pour ainsi dire que        d’hommes.

Les membres du clan habitent souvent tout près les uns  des autres et constituent de grandes fermes agricoles, parfois des coins de village. Ces « imawlan » sont divisés sur le plan intérieur en groupes d’âge et sur le plan extérieur il y a ségrégation par suite de l’obligation commune de vengeance du       sang.

Autrefois, la division par groupes d’âge était rigoureusement la même, à savoir :

1) les vieillards,

2) les patres familias (les «vrais hommes»),

3) les hommes jeunes et

4) les  garçons avant l’âge de la puberté.

Les petits enfants, aussi bien les garçons que les filles, étaient rattachés aux femmes et ne faisaient absolument pas partie de la ligne masculine.

Le quatrième groupe, celle des garçons qui n’avaient pas atteint l’âge de la puberté, était chargé des jeux des cérémonies. Cela peut paraitre curieux, étant donné qu’ils étaient considérés comme manquant de maturité. Mais cela s’explique fort bien par le fait que ces garçons n’avaient pas encore répandu de sang, qu’ils n’avaient donc pas encore attiré dans leur sillage d’esprit de vengeance : la « pureté de sang » et la «pureté sexuelle » en faisaient des innocents, purs et sans péchés. En ce sens, ces garçons «encore purs» convenaient bien pour la célébration du culte, de même que les vieillards «redevenus purs» pouvaient les y initier.

Un seul souvenir nous précise de quelle manière les garçons devenaient adolescents ou jeunes gens et pouvaient ainsi participer aux réunions d’hommes : c’est par le meurtre et par la période d’abstention que le garçon devenait adolescent. Les interprétations des légendes sont plus explicites: les pères vigilants cherchaient à détourner leurs enfants du premier meurtre par une éducation dans l’isolement ; de vieilles femmes mauvaises les y poussaient avec force. Il est certain qu’un jeune Kabyle n’avait le droit de se marier qu’après un meurtre, que ce fût à la chasse ou au combat. Et ce pour la bonne raison qu’auparavant le jeune garçon était certes pur, mais sa semence n’était pas encore féconde. Le sperme ne devient fécond qu’après un meurtre, ce qui explique le point de vue selon lequel tout ennemi vaincu équivaut à une augmentation des forces magiques.

Mais ce qui est sûr c’est que le pouvoir magique nécessaire pour la procréation n’émanait, selon la conception kabyle, que de  l’homme, et en aucune façon de la femme. La femme était et continue de n’être qu’un réceptacle transitoire. Un vieux Kabyle m’a dit cette phrase caractéristique : «De même qu’Izerzer[1] :laisse tomber son sperme dans la coupe de pierre, de même l’homme dans la femme. La femme est comme la coupe pierre, d’où ont jailli les gazelles vivantes. La coupe de pierre c’était la femme d’Izerzer. » – L’homme c’est donc la partie donnante, créatrice, et il n’acquiert le pouvoir créateur que par l’action et la purification qui suit l’action.

Venons-en maintenant à l’assemblée des hommes. Tout village kabyle, tout groupe de fermes et, si elle est seule, même la ferme a au moins un « tajmait », une place en plein air, qui est caractérisée par des séries de sièges en pierre disposés en cercle. Les gens s’y réunissent pour les délibérations à l’échelon du clan, du village, de la tribu ou de la fédération. Les femmes n’y ont jamais accès. Outre la place hors du village, il y a aussi dans le village une « maison des hommes », qui s’appelle aujourd’hui « djemaa » : elle sert en même temps de mosquée et c’est là qu’on héberge les amis de passage. La           djemaa n’a rien de l’exclusivité du tajmait.

Le tajmait réunit les hommes de la première à la troisième groupe d’âge. Les vieillards font part de leur expérience, les hommes expriment leurs convictions et les jeunes gens se taisent. On y discute et on y décide de toutes les questions concernant le droit et la propriété, le bien commun. Mais les vieux s’y réunissent aussi le soir avec les jeunes, et c’est là que les leçons morales sont données sous forme de contes et de légendes. C’est sur le sol du tajmait que vit la vieille civilisation berbère.

Mais en dehors du tajmait il y a aussi le« thimamorth » et le « tacelwit ». Le tajmait est le lieu de réunion purement profane, c’est la place des hommes qui est encore répandue partout. Tandis que le thimamorth et le tacelwit sont tous les deux tenus secrets en tant que refuge des vieilles                  coutumes païennes. Avec la victoire de l’Islam dogmatique, ils ont été refoulés au second plan et souvent il n’en reste plus que le souvenir.

Le thimamorth avait pour objet la juridiction criminelle ; il s’y réunissait  les hommes de la première et de la seconde classe. A la suite de sacrifices préliminaires, les hommes de la seconde classe étaient initiés aux secrets des mythes de la création. Mais le  tacelwit était le domaine le plus mystérieux, où seuls se réunissaient les hommes les plus âgés et dont les autres hommes ne devaient s’approcher que lorsque la dépouille d’un vieillard était enterrée. Le tacelwit était recouvert de dalles de pierre et entouré d’une série de sièges en pierre. Les vieillards qui s’étaient particulièrement distingués par leur sagesse, leur bonté et leur pureté étaient enterrés sous les dallages. Ces dépouilles étaient alors revêtues de tuniques telles qu’il n’en existe plus aujourd’hui : elles étaient en tissu de jonc, avec une fente au milieu pour le passage de la tête ; les pans tombaient jusqu’aux genoux et couvraient les bras. Une ceinture serrait la taille. Si le vieillard avait été un grand chasseur, des jeunes gens allaient à la chasse, tuaient une antilope et la portaient au  tacelwit. La bête était décapitée à côté de la place, une corne était détachée du crâne, remplie du sang du gibier et déposée à côté de la dépouille.

Un mets était préparé avec le sang, le foie, quelques morceaux de viande et un peu d’eau. La peau de l’animal, et si  c’était un buffle sa panse (d’après la légende) servait à faire un  sac, qui était rempli des ingrédients. On allumait alors un grand feu entre deux pierres debout, qui étaient puissamment              chauffées. Une fois qu’il était réduit, on le laissait couver pendant la cuisson. Si les flammes venaient à jaillir trop haut quand on rajoutait du bois, on les rabattait avec une massue.

La cuisson se faisait de la façon suivante : les deux pierres servaient de point d’appui aux deux extrémités d’une broche passée à travers le sac. C’est ainsi que se préparait le repas funéraire pour le chasseur décédé ; il était consommé ensuite  par l’ensemble des vieillards rassemblés au tacelwit, pour autant qu’ils avaient été chasseurs à l’âge mûr. Les vieillards qui n’avaient pas beaucoup chassé pendant leur vie, ne participaient à ce repas qu’en mangeant quelques galettes grillées sur place au-dessus d’une dalle de pierre. En effet, tous les hommes âgés qui n’étaient pas des chasseurs avaient l’habitude en vieillissant de se contenter d’une nourriture végétarienne, surtout au tacelwit.

C’étaient les hommes de la seconde groupe d’âge qui étaient les véritables chefs du clan et les administrateurs du patrimoine du clan, qui autrefois dépassait de beaucoup la fortune privée. Mais les vieillards étaient les gardiens de la vie spirituelle, les conservateurs de la vieille tradition, les chefs de tous les sacrifices et jeux de sacrifice.

C’est ainsi que les forces se groupaient sur les diverses places des hommes. Autrefois, tout était rigoureusement séparé, au plan intérieur comme au plan extérieur. Aujourd’hui, la mosquée a souvent éclipsé la place des hommes, tout au moins dans sa diversité, et elle l’a parfois même évincée, de sorte que les groupements de forces ne s’expriment plus autant par des formes extérieures et ne peuvent plus s’accentuer en soulignant les formes extérieures.

Néanmoins, les forces continuent toujours d’exister. Elles sont si mûres et vont tellement de soi qu’elles n’ont plus besoin comme au stade de la jeunesse de s’appuyer sur les béquilles de usages formels. Aujourd’hui leur action s’exerce inconsciemment, mais d’autant plus sûrement. C’est exactement comme dans beaucoup d’autres domaines de la vie culturelle. Même chez nous, nous ne comprenons maintes actions internes qu’en nous rendant compte des formes qui leur ont donné leur empreinte dans leur jeunesse.

Aujourd’hui, les Kabyles n’ont plus besoin de souligner extérieurement les groupes d’hommes. Cela leur est passé dans le sang. Et nous ne comprenons maintes décisions selon la «loi islamique» que lorsque nous prenons conscience de la particularité plus ancienne et plus forte qui est demeurée prépondérante le voile de l’Islam.

Des castes aux partis                                              

Le groupement en clans et à l’intérieur des clans le groupement en groupes d’âge constituent le fondement de tout l’ancien système social kabyle. Un groupe de clans constitue la commune, le regroupement des communes apparentées constituait la tribu et plusieurs tribus se regroupaient à leur tour pour former une fédération. Il n’y avait pas d’Etats au sens où nous l’entendons. A la longue, un prince berbère à la mode européenne aurait été incompatible avec le système social.

D’ailleurs, toutes les tentatives d’instauration d’une dynastie ont toujours échoué dans l’antiquité, après avoir végété sous l’influence de puissances étrangères.

Mais chaque village a son chef, qui est désigné aujourd’hui par le mot arabe « amin », mais qui autrefois était l’« agellid ». – Il est élu. Il est secondé par les « tamen », c’est-à-dire les chefs des groupes de clans. Les chefs des fédérations sont également élus. Les chefs des partis proprement dits sont arrivés par leur influence personnelle. En somme donc : pas un seul poste héréditaire, tout repose sur la confiance et la personnalité, le maximum d’autonomie est accordé à chacun à tout point de vue.

Du fait que les clans se groupent pour constituer des villages, et ceux- ci à leur tour en tribus, qui s’unissent pour former une fédération, nous avons affaire à une direction ascendante vers des points de vue plus élevés. Cette ligne qui émane du système de clans et du système de groupes d’hommes est la ligne verticale. La fédération est le « leitmotiv» dans    le groupement des groupes d’âge d’un clan, et c’est la même impulsion qui pousse les tribus à se fédérer.

Mais cette ligne verticale est coupée par des articulations et par une autre idée de la vie sociale, que j’appellerai une évolution horizontale. Dans les anciens temps, les Kabyles, comme d’ailleurs tous les Berbères, étaient divisés en castes. En tenant compte de toutes les variétés, on peut dire qu’il y avait quatre castes.

La première caste était celle des « igelliden » (sing. : agellid). C’était l’aristocratie possédante. Ses représentants étaient les chefs des groupes de clans et des localités. Ils étaient propriétaires des fermes, chefs de guerre et héros de l’« époque des contes de fées». Le mot « agellid » évoque pour le peuple la notion de «très bon», «vrai», «pur» et «intelligent».

Aujourd’hui, il n’y a plus d’igelliden. Lorsque les Kabyles parlent de gens nobles, ils ont recours au mot «l’harr ». L’agellid a été remplacé par l’amin, qui est un chef éligible. Il est très important de savoir que ces igelliden n’étaient pas seulement seigneurs des terres et chefs de guerre. Ils étaient  aussi chefs du feu, et voilà pourquoi, selon l’explication mythique, les forgerons, ou «  iheddaden », en faisaient partie.

Mais à ce point de vue, le système social berbère est en contradiction flagrante avec le système social arabe. En effet, bien que les Arabes soient enclins à poser en aristocrates les nomades qui sillonnent le désert face aux paysans, il n’y a rien de plus pitoyable pour un Arabe que le forgeron. Tous les Arabes africains placent le forgeron au bas de l’échelle des professions. Mais chez les Kabyles, le forgeron est toujours considéré comme un homme très estimé, sa profession est fort respectable. C’est facile à comprendre quand on se souvient qu’il appartenait autrefois à la caste aristocrate.

La seconde caste était représentée par les « Lehzuz ». C’étaient des clans qui n’avaient pas conservé leur pureté et dont la fortune avait périclité. Ils étaient considérés comme des descendants de la caste agellid, mais des descendants appauvris et déchus ; or, selon le point de vue kabyle, les appauvris et les déchus ne peuvent pas conserver leur pureté et voilà pourquoi ils constituent une seconde caste. Le mot « lehzuz »   est encore assez courant dans le langage populaire. On entend par là les renégats, les gens sur qui on ne peut pas compter et aussi les téméraires.

La troisième classe ce sont les « ixemmasen », les serfs. Les lehzuz habitaient encore des fermes rurales, qui cependant étaient plus ou moins données en nantissement aux agellid. Mais ils jouissaient encore d’une entière liberté de personne et de famille. Ils pouvaient quitter leur domicile. Ils pouvaient travailler pour qui ils voulaient. Les ixemmasen n’avaient plus cette liberté.

Ils appartenaient corps et famille à un agellid quelconque, dont ils cultivaient les fermes ; leur travail était rémunéré par une quote-part de figues, d’huile, de blé, etc. Si leur maître avait une grande ferme, ils y habitaient dans une dépendance. Si la ferme était petite, ils habitaient de petites maisons champêtres. – A la longue, les ixemmasen sont devenus des ouvriers libres. En effet, au fur et à mesure que la prospérité des igelliden allait en s’amenuisant, la fortune des pauvres gens augmentait; les échanges en nature firent place à la monnaie, de sorte que l’ouvrier arriva, lui aussi, à faire son chemin. Mais comme il n’y avait pas d’esclavage pour les membres de la race claire, il n’y eut pas de grands obstacles à surmonter.

La quatrième caste était constituée par les «ixarazen » et les «icennayen », les corporations des corroyeurs et des bardes. Chez les anciens Kabyles, il semble que la préparation du cuir ressortissait d’abord aux femmes. On m’a dit une fois que le linceul en cuir des vieillards était confectionné par leurs filles ou belles-filles ; puis : les femmes confectionnaient les tentes en cuir. C’est elles qui             manufacturaient les couvertures et qui les montaient. – Voilà pourquoi les corroyeurs étaient considérés comme les représentants d’une profession « feminine ». Mais il est encore plus intéressant d’apprendre ce que la tradition nous a livré d’une autre particularité de cette corporation. A la manière patriarcale, tous les Kabyles prennent le nom de leur père ( « fils de » ). Or, on dit que les ixarazen dans le temps devaient ne prendre non point le nom du père, mais celui de la mère.

Aujourd’hui, les corroyeurs le nient bien entendu et ils sont même indignés si on leur pose la question. – Mais ces ixarazen sont dignes d’intérêt pour une autre raison encore. Même parmi les Touaregs et chez les peuples nègres, les « garasas » et « garatas » constituent une caste à part en tant que corroyeurs.

Je n’ai pas grand chose à raconter sur les icennayen, les chanteurs. Leur jeu de guitare s’est déjà tu depuis longtemps. Ils ont disparu avec l’agellid, avec les «grands combats», avec la   chasse au gros gibier. On prétend qu’ils suivaient les igelliden et célébraient leurs exploits. Je n’ai rien trouvé sur les grands poèmes épiques. Aujourd’hui il n’y a plus d’icennayen, au sens ancien ; ils ont été évincés par toutes sortes de chanteurs des rues arabes.

Enfin, il y avait encore des esclaves ; mais c’étaient des nègres et des métis, dont la vénalité les rendait méprisables. Ils n’avaient pas de situation sociale correspondant à une caste.

Les castes chevauchaient à l’intérieur des associations de clans. Une fédération de castes était présidée par le chef de lignée du «clan noble» correspondant, c’est-à-dire l’agellid. Chaque clan d’agellid comprenait des lehzuz, ixemmasen, ixarazen et icennayen, ainsi que quelques nègres et métis. L’expression « adrum » (plur. : idrumen) s’appliquait d’abord à la caste. Mais comme toute la fédération tenait son nom du clan de l’agellid, et comme la différence entre «pur» et «impur» au sens racial tendait à  disparaître de plus en plus, le terme d’adrum signifia de  plus en plus «coin de village» d’une part, et d’autre part société secrète issue de plusieurs fédérations.

A la tête de cette société secrète (sorte de parti) se trouvait l’agellid, c’est-à-dire un noble. Les derniers igelliden à avoir présidé à de tels partis sont encore connus du peuple. C’étaient deux frères, qui sont morts il y a cent ans. Depuis lors, la fonction de chef n’est plus héréditaire. Les sociétés secrètes perdirent de plus en plus le caractère propre aux divisions en castes et devinrent des partis politiques : il y en a partout deux, qui s’affrontent rudement.

En effet, le même attachement tenace qui lie tous les Berbères à leur clan et à leur caste et dont témoigne aussi bien l’histoire des peuples berbères d’Ibn Khaldun que les formes d’existence des Touaregs dans le Sud : cet attachement s’est communiqué à l’idée de parti. Dans les anciens temps, lorsque les castes étaient tenues en haute estime, un impur au point de vue racial était désigné par le terme « lehzuz », Le lehzuz d’aujourd’hui c’est celui qui abandonne son parti pour en rejoindre un autre. En effet, ce ne sont plus des sociétés secrètes, mais des partis publics, et tout homme appartient  avec son clan à un parti, il ne milite plus seulement en secret, mais publiquement. Le Kabyle fait tout pour le parti. Il a toujours du temps et de l’argent pour lui, et il est toujours prêt à se battre et à mourir pour lui.

Lorsque le Kabyle part en voyage  pour un certain temps, il mange à tour de rôle chez tous les membres de son parti. Quand il revient, la première chose qu’il fait c’est de les inviter chez lui. Les réunions des membres ne se font pas au tadjmait. Ils n’ont pas de « clubs » comme les groupes d’âge. Ils continuent aujourd’hui encore de se rencontrer soit à la maison du chef ou dans un bois, qui généralement lui appartient. C’est un vestige du système de castes, qui florissait aussi à l’époque dans l’agglomération.

Le système de parti n’a donc rien à voir avec les groupes d’âge. Les deux lignes d’évolution chevauchent souvent et c’est la raison pour laquelle je parle d’un système social « horizontal» et d’un système social «vertical».

Extrait de Leo FROBENIUS Inter Nationes  BONN-BAD GODESGERG, pages 138 à 151                  

 

[1] L’archétype mythologique des buffles

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