Les Amérindiens au secours des Kabyles

On ne sait pas pour combien de temps encore notre société kabyle subsistera, avant qu’elle ne devienne un petit Khalifa, engloutie dans une Oumma islamique globale. Je suis bien conscient que nos agitations sont dérisoires par rapport à la complexité de la tâche. Mais disons que je suis un adepte de la philosophie du colibri de la forêt amazonienne. Cette histoire des indiens d’Amérique est très intéressante, pour nous, peuple sans grandes figures nationales capables de changer à elles seules la destinée d’un peuple.

Voici l’histoire :
Un incendie géant ravage la forêt amazonienne, c’est la catastrophe… le feu est hors de contrôle. Les animaux sont terrifiés et atterrés, car leur espace vital est en train de se consumer devant leurs yeux… Que faire ?
Soudain apparait un colibri. Depuis le début de l’incendie, il faisait des va-et-vient incessants… Avec son bec, il récupère quelques gouttes d’eau, puis s’empresse pour les verser sur le feu déchainé.
Les animaux de la forêt se moquent de lui en lui signifiant :
« Mais Colibri ! Tu es complètement inconscient ! Tu ne penses tout de même pas que tu vas éteindre ce feu gigantesque par ces quelques petites gouttelettes d’eau ! »
Le colibri a répondu : « Je sais tout ce que vous me dites, mais je fais ma part. Que chacun fasse, là où il est, ce qu’il peut pour éviter ce qu’il déplore »
La légende raconte que la phrase du Colibri a eu de l’effet sur les animaux de la forêt. Ils se sont tous mis au travail, chacun dans son coin, avec ses moyens, et que chacun fit sa part. Finalement, ils ont réussi à sauver la forêt.

Que chacun ramène sa goutte d’eau pour rendre ce pays un peu vivable, moins anxiogène.

Et pour cela, il est impératif de dépasser sa condition individuelle, et ses petits intérêts égoïstes. Ou pour mieux dire, il faudra toujours penser notre action individuelle. Se poser toujours la question de savoir si mon égoïste intérêt individuel est compatible ou pas avec l’intérêt général.
Notre petite communauté humaine, que nous voulons bâtir, qui est la communauté kabyle, doit être incarnée par la vie apaisée ; et l’organisation harmonieuse. Nous rejetons toute doctrine nous incitant à la consommation effrénée de biens, sans tenir compte des limites et des impératifs de la nature. Nous ne devons pas être des prédateurs de la nature, mais nous sommes des éléments de la nature. Nous devons respecter notre environnement, car nous faisons partie de lui.

Si nous péchons un poisson dans la méditerranée, nous devons avoir la certitude que cela ne représente aucun danger pour le renouvellement et le maintien de cette espèce, et que ce poisson sera effectivement mangé, et sa chair appréciée. Si nous coupons un arbre pour nous chauffer l’hiver, il faudrait planter son équivalent. Si nous faisons l’élevage de bétail, nous devons laisser les animaux grandir dans des conditions dignes. A l’air libre, et avec des aliments dépourvus de toute toxicité venue des labos chimiques.
Comment peut-on s’enorgueillir d’êtres des êtres civilisés, quand on fait subir aux veaux ce qu’on leur fait subir? Le veau est l’enfant de la vache… la sagesse de la nature nous interdit de manger un enfant.

La nature ne doit pas payer les frais de notre recherche de confort perpétuel !

Nous rejetons encore plus, le dessein politique d’un Khalifa islamique dans une oumma musulmane planétaire.

Je constate que pour la plupart des Kabyles (notamment ceux de l’immigration), le seul but dans la vie est d’essayer de préserver sa tranquillité, son petit confort, son petit job, sa petite femme, sa petite télé, son petit match, son Couscous royal… Que les projets collectifs ne sont intéressants que lorsqu’ils ont aboutis. Cela est une constante kabyle… tout le monde s’en fout, reste immobile devant les évènements du monde, accepte son cantonnement à la marge, jusqu’au jour où quelqu’un le met devant le fait accompli.

SI je vous raconte cette histoire du colibri, c’est pour la mettre en perspective avec la lutte contre la mainmise des arabo-islamiques sur la terre des Numides ?
Dès le début, la solution frontale qui consiste à faire la guerre est vouée à l’échec… ce n’est pas la bonne méthode. Je suis contre toute forme de violence, d’où qu’elle vienne. Et de plus, cette option « de l’usage de la force » va engendrer des risques et des pertes incalculables.

Je ne veux pas d’une Kabylie libre, avec des kabyles morts…

On doit parler et agir avec force, mais ne pas utiliser l’insulte et la violence pour passer quelques idées que ce soit.

Il est suicidaire de faire la guerre dans les temps actuels, tout en sachant qu’on aura aucune chance… l’ennemi est beaucoup mieux implanté que nous. Il dispose d’une armée qui a une force de frappe importante, et non négligeable. Des relais, des indics, des laquais au sein même de la société politique, culturelle et institutionnelle kabyle.

Je n’ai pas envie d’avoir des pertes humaines considérables, et des destructions de villages dans notre pays, alors qu’on a le choix de faire autrement…
La solution est à chercher du côté du Colibri, et aussi du côté d’Etienne de la Boétie.
La Boétie nous a légué deux phrases majeures, avec lesquelles on peut penser la Kabylie d’aujourd’hui et de demain. Elles sont tirées de son livre « De la servitude volontaire ». :
« Soyez résolus de ne plus servir, et vous voilà libres », et
« Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. ».

Ainsi soit-il.

Hand Ibersiène

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