728 x 90

Nuits de résistance

Nuits de résistance

En soutien à tous les détenus d’opinion notamment le blogueur Touati Merzouk.

Vous qui ne veillez jamais pour dépoussiérer le clair de lune, vous ne saurez jamais redonner sourire à l’enfant en attente, ni à la maman dépossédée ni au camarade désemparé ; l’humanité vous plaint de vous avoir en son sein et de ne pouvoir vous faire goûter au plaisir d’aimer son prochain.

Vous resterez toujours à l’ombre de vos désirs de liberté sans jamais en goûter la quintessence. Vous resterez les momies qui traversent la vie sans frémir et vous demanderez ce qui se passe dans la maison de l’absent au lieu d’aller demander des nouvelles des rescapés.

Et vous qui êtes venus en spectateur croyant que la gratuité du spectacle n’engage que le troubadour !

Et vous qui bravez vos épouses pour épouser une cause le temps d’une photo souvenir de votre infidélité fictive.

Et vous,

Artistes empaillés qui ne savent que figurer sur les agendas officiels !

Artistes moulés dans la cire de la fausse modestie !

Passagers d’un monde meilleur, venus pour s’effrayer et frémir pour mieux goûter au confort et se cramponner aux avantages pris sur les retardataires.

Je salue ceux qui n’ont de cesse de braver l’interdit et la nuit pour nourrir le gréviste de la faim derrière les barreaux.

Je salue l’intrépidité de l’artiste qui n’a de stress que l’absence de la coquine inspiration devant des grilles qui amochent l’horizon !

Je salue le poète qui n’a de poésie que l’humaine condition

Je salue le combattant des causes perdues qui garde l’étendard de la liberté toujours en évidence pour inspirer les pragmatiques qui agissent dans l’ombre.

Je salue celui qui n’a de préoccupation que le temps qu’il passe à défendre l’humain au cœur de la tempête.

Je salue l’artiste qui guette la gradation de la lumière jusqu’à surprendre le premier rayon de soleil qui se place en diadème sur la tête du détenu d’opinion libéré sur sa toile.

Et nous marchons, groupe soudé, vers la mer pour cueillir le nouveau jour que tous les privés de parole rêvent de croquer comme la pomme de la discorde qui fit l’homme d’aujourd’hui.

Et nous marchons sur le sable humide, paupières gonflées de rêves conquis par la résistance de nos neurones à l’épreuve des vents contraire à nos désirs, laissant derrière nous l’empreinte profonde de nos pas qui figurent le chemin de nos libertés.

Mhamed Hassani

Aokas le 27 juillet 2018

rédaction
ADMINISTRATOR
PROFILE

Voir aussi

Latest Posts

Top Authors

Most Commented

Featured Videos