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Retrouvailles avec ma Kabylie…

Retrouvailles avec ma Kabylie…

Le kabyle voue un respect incommensurable à la nature. De tout temps, il a vécu en harmonie avec l’environnement. Il a même su créer des liens spirituels avec elle. Le kabyle croit en l’existence d’esprits dans les fontaines, dans les grottes, et même dans chaque maison. Il a ce besoin intrinsèque de vénérer la nature dans toutes ses composantes. Lorsqu’il a rencontré les différentes religions auxquelles les invasions l’ont confronté, il a su garder ce comportement ancestral, parfois confondu dans certains préceptes religieux, mais qui reste tout de même, profondément atavique. Ce qui fait de lui un être libre et qui refuse la servitude sous toutes ses formes.

Le kabyle qui croyait en Anẓar, n’a en fait jamais cessé de le faire, même de façon inconsciente, ce qui explique d’ailleurs, le chauvinisme religieux de certains, car le transfert a été rude.
Qu’a-t-on donc à bouder ces pratiques, qui ont fait de nous des gens ouverts sur le monde, sensibles et conformes à l’universalité ?

À travers ces créations révélatrices, notre âme peut voyager au plus profond de nous-mêmes, et au plus profond de notre mémoire. On peut se réconcilier avec nous-mêmes en puisant dans ces invocations spirituelles, qui nous permettent de retrouver notre sentiment d’appartenir à un peuple unique, mais martyrisé, malmené, et titillé dans sa quiétude.

En écoutant ces mélodies, ces mots d’une âme à l’agonie, on transcende les lieux et le temps, pour rejoindre un monde qui connaît bien la mort, l’au-delà, voire même, l’après la mort.

À travers ces chants, on comprend mieux la raison pour laquelle les gens se réfugient, souvent à tort, dans les religions, à défaut de trouver une autre façon d’apaiser les inquiétudes et les tourments existentiels.

Ces mélodies qui nous reviennent d’ailleurs, nous ont toujours accompagnés, et ce n’est que pur bonheur de les redécouvrir. Ces mélodies, accompagnées de superbes voix d’artistes accomplis, sains et investis de ce souffle kabyle, nous ramènent ce grand Nous que nous étions, et que nous oublions d’être à présent !

Ces créations s’inscrivent dans un projet extraordinaire, celui de bâtir des sentiers à nos pas, des temples à nos croyances et notre culture. Doter chaque village kabyle d’un lieu de culte ! Quelle brillante idée, de construire des théâtres plein- air à la grecque, pour toucher les étoiles des beaux cieux d’été de la Kabylie, et répandre l’écho des voix de nos artistes et des spectateurs qui les scandent, jusqu’au fin fond des entrailles du Djurdjura !

Je suis très heureuse de réaliser que finalement, rien n’est totalement perdu. Ou plutôt, comme disait Lavoisier, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme !

Un grand merci, et tous mes respects, à tous ces artistes kabyles, au sens large du mot, qui ont eu la noblesse de nous offrir ce pont intemporel !

Ḥass.

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