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Une institution Kabyle : LAANAYA

Une institution Kabyle :  LAANAYA

Les citoyens Kabyles que se soit dans les villages, les villes …. Devront d’ores et déjà restaurer et réhabiliter cette institution qui n’a nul part ailleurs d’équivalence.

Dans le pays Kabyle autrefois, il n’y avait ni police ni gendarmerie, l’ordre public et la sécurité citoyens étaient pourtant assuré.

En effet, jusqu’à une date très récente, un principe caractérisait la Kabylie : il s’agissait de Lâanaya. C’est plus qu’une coutume, plus qu’une tradition. C’est une véritable institution qui faisait consensus et grâce à laquelle la vie civique était possible : l’ordre public était de fait assuré de la façon la plus humaine et la plus écologique possible.

 » Tajmaat qui peut exécuter un homme ou le priver de tous ses biens n’a pas le droit de le détenir pendant une heure  » écrivait Hanoteau, ce fin observateur de la société kabyle. C’est dire son étonnement de découvrir une terre où la prison était inconnue, et la détention par le corps interdite.

 » Les Kabyles n’ont jamais eu de sultan mais ils ont toujours reconnu une reine, laânaya » écrivait le même Hanoteau, émerveillé par cette institution sans doute unique au monde.

Car Laânaya, c’était en même temps la protection : protection de l’être humain en détresse, contre les forts, contre le pouvoir central, contre toutes les misères. C’était l’ultime paravent contre la mort, le dernier rempart de la vie.

Laânaya était en même temps la plus démocratique des institutions puisque tout le monde pouvait la donner, l’assurer : la femme, le pauvre ou le riche….. C’était un droit et un devoir que tout un chacun se devait d’assumer. Elle englobait tous les actes de la vie quotidienne dans toute leur diversité, et faisait consensus national . Des lieux aussi divers qu’un banal village, une petite zaouia, une mosquée ordinaire, une simple chaumière, un chêne foudroyé pouvaient assurer Laânya.

Les 3 exemples suivants, différents les uns des autres, ont pour trait commun d’illustrer le large éventail la diversité et l’efficacité de Laânaya.

_ Un enfant, devant une fessée méritée, pouvait y échapper en demandant Laânaya à sa grand-mère ou à l’adulte le plus proche.

_ Pour échapper à une mort certaine, par exemple une vengeance, le persécuté pouvait trouver Laânaya auprès de la première personne rencontrée. L’Histoire a retenu le nom du Marocain Md_Waâli Awzal, cet écrivain berbérophone né vers 1680 mort en 1750 qui, pour furie une vendetta, a demandé Laânaya de la Tajmaat de Tameggrut qui la lui a accordée 20 années durant. Il a mis à profit cette protection pour rédiger ses ouvrages principaux rédigés dans la langue chleuh : El_HewD et BaHr-ddummuâ.

Plusieurs siècles avant lui, un dénommé Ibn_Khaldun lui-même a profité à maintes reprises de cette institution pour échapper aux puissants de l’époque. Un de ses maîtres de même que son frère Yahya à défaut de Laânaya ont fini étranglés en milieu urbain en milieu urbain

A la lumière de ces exemples, il apparaît que Laânaya est source de générosité et de richesse intellectuelle : Laânaya est un mécène qui ignore superbement les frontières !

Pour traverser une région aussi vaste fut-elle, il suffisait à une caravane de demander Laânaya d’un quelconque habitant de la région à traverser et le voyage avait toutes les chances de se dérouler sans encombre. Laânaya est donc sauf-conduit, un laissez-passer en béton.

Parmi les êtres humains, la femme est celle qui détenait Laânaya la plus inviolée. Il était proscrit d’agresser un homme devant elle ! Il suffisait à un homme poursuivi et sur le point d’être assassiné de demander Laânaya de la première femme rencontrée pour qu’il bénéficie d’un sursis.

Notre histoire par le biais de Laânaya démontre qu’un peuple peut vivre normalement sans entretenir une armée. Elle est source d’économie pour le contribuable. Elle est garantie d’une paix durable.

« Chez ces montagnards, où la liberté est plus précieuse que la vie » les nuisances sociales étaient gérées de la façon la plus intelligente possible. L’ordre public est assuré d’une façon optimale : c’était une « politique écologiquement correcte », avant la lettre.

La sagesse populaire dit : « Que Dieu nous épargne de vivre dans un monde sans Laânaya ! »

Mais voilà l’Algerie optant depuisant depuis 1962 pour une une politique déstructurante de la société et de l’âme Kabyle fait tout pour annihiler cette institution millénaire.

AujourAujourd’h’hui, parce que Laânaya est des crimes sont commis dans l’enceinte même des villages,, les terres sont brûlées, les villages n’ont plus de « lherma » d’inviolabilité, des agents de police, des gendarmes et même des militaires surarmés se permettent de les fouler et souiller en toute impunité.

Bien avant l’avènement d’un État Kabyle indépendant, les citoyens kabyles que se soit dans les villages, les villes …. Devront d’ores et déjà restaurer et réhabiliter cette institution qui n’a nul part ailleurs d’équivalence.

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